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mercredi, 30 juin 2010 10:22

Mondial 2010 : Bilan des verts

Écrit par N.S.
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Trois matchs : deux défaites, un match nul. Voilà le parcours de cette équipe d’Algérie éliminée de la Coupe du monde 2010.

Alors que la Fédération algérienne de Football (FAF) qualifie la participation de l’équipe nationale d’honorable, les spécialistes et les supporters parlent plutôt d’échec et de lacunes offensives. Place au bilan à présent.

Un point en trois matchs, c’est du déjà vu pour certains. C’est en effet le même résultat qu’avait obtenu l’équipe nationale d’Algérie lors de sa dernière participation à une Coupe du monde, c’était en 1986.

Bilan individuel


Les +


Mbolhi : Enfin un véritable gardien de but ! Avec de bons réflexes et de très bonnes relances (surtout de la main). Le gardien formé à l’OM a convaincu tout le peuple algérien (et plusieurs recruteurs) en deux matchs. En espérant qu’il confirme lors des prochains matchs qu’il mérite le statut de numéro 1.
 

Kadir : Même s’il n’a pas évolué dans son poste naturel (milieu offensif droit), il a donné une certaine satisfaction dans ce mondial au poste d’arrière latéral droit. Il s’était d’abord distingué durant les deux matchs préparatoires (Irlande et EAU) dans un autre rôle, celui de milieu axial, avec un jeu simple, posé et sobre. Il a été très correct contre la Slovénie, mais un peu timide offensivement. Contre l'Angleterre, il a assuré dans ce rôle inédit d’arrière latéral droit dans une défense à cinq.


Belhadj : Le meilleur arrière gauche de la 1ère phase du mondial avec Coentrão du Portugal. Il lui a manqué un appui au milieu de terrain pour déborder davantage sur l’aile gauche et se montrer plus dangereux pour ses adversaires.
 

Halliche-Bougherra : L'un a été efficace lors des trois matchs (meilleur joueur algérien selon la FIFA), et l'autre l'homme du match lors du choc contre l'Angleterre. Le vrai test pour ce tandem sera une défense à 4 avec eux seuls en charnière centrale.
 

Lacen-Yebda : Une autre satisfaction de ce mondial. Sachant que le premier n’est toujours pas à 100% (retour de blessure au pied et au genou) et que le deuxième revient d'une indisponibilité d'environ 3 mois. Chapeau ! Faudra maintenant travailler le côté offensif en montant d'un cran quand on a la possession de la balle.
 

Matmour : Monsieur sacrifice. Il a évolué dans 5 postes différents depuis qu'il est en EN. Quelques fois milieu offensif droit, gauche, tout seul en pointe, en second attaquant et même en latéral droit dans une défense à 5. Il joue à chaque fois avec coeur et il se dépense comme personne le fait dans cette équipe. Un vrai combattant.

Les -

Chaouchi : Auteur d'une nième erreur qui a coûté le match à son équipe contre la Slovénie et qui lui a en même temps coûté le poste de numéro 1. À garder comme doublure.
 

Ziani : Auteur de trois mauvaises prestations, Karim n'a pas donné le rendement attendu et le souffle offensif dont l'équipe avait terriblement besoin. Il ralentissait le jeu à chaque attaque et il ne semblait pas en jambes. Il récolte sans doute le fruit de sa saison blanche.
 

Ghezzal : Double carton jaune pour deux fautes stupides, il a handicapé son équipe dans le match le plus important du mondial (le premier) la laissant évoluer à dix joueurs. Et rien que pour cela, son rendement est négatif.

 

Bilan du coaching

Souvent pointé du doigt lorsqu’une équipe n’obtient pas les résultats attendus, le poste de sélectionneur est très délicat. Pressions, menaces, insultes, et j’en passe. Rabah Saâdane avait déjà vécu cela il y a 24 ans. Son expérience sur le terrain et en dehors n’a pourtant pas paru dans ce mondial.
Mauvaise gestion d’un effectif composé de têtes fortes (Ziani, Yahia, Saïfi, Bougherra), manque d’ambition lors des conférences de presse (et confirmée sur le terrain avec les changements défensifs), voilà qui résume les reproches que plusieurs font au sélectionneur algérien.

- Karim Ziani est l’un des joueurs clés de cette équipe algérienne. Il a toutefois joué 483 minutes en 1 saison avec son club, le VfL Wolfsburg. L’équivalent d’environ 5 matchs pleins.
Logiquement convoqué parmi les 23 joueurs algériens, son faible temps de jeu en saison régulière s’est cependant ressenti quelques jours avant le mondial, lors des deux matchs préparatoires contre l’Irlande et contre les Émirats Arabes Unis.
L’idée d’une éventuelle concurrence à son poste (on pense à Abdoun ou à Boudebouz) ne lui venant jamais à l’esprit, Karim –alias la petite grenouille– n’a jamais senti la moindre crainte concernant sa place de titulaire au milieu de terrain algérien.
Le résultat est décevant. Le numéro 15 des verts a pris part aux trois rencontres du mondial sans briller une seule fois.

- « Nous sommes en train d’apprendre ce que c’est que la Coupe du monde. Nous sommes en phase d’apprentissage et nous essayerons en 15 jours de rattraper l’essentiel. Cependant, je répète encore une fois que c’est déjà bien d’être présent en Coupe du monde et c’est un apprentissage pour chacun d’entre nous.» (Déclaration de Saâdane, post-Irlande)

Voilà le type de discours auquel Saâdane nous a longtemps habitués. Un discours de défaitiste de la part d’un sélectionneur qui manque d’ambition et qui finalement ne semble pas avoir confiance en ses joueurs. Après les trois matchs en Afrique du sud, le « Cheikh » a donné une image d’un sélectionneur venu limiter les dégâts dans une compétition où chacun est censé honorer le maillot national en le mouillant. Non. Saâdane est venu avec l’idée de faire, au maximum, 0-0 aux trois matchs.
Sinon, comment expliquer l’entrée d’un milieu défensif, Guedioura (à la place de Kadir), à 10 minutes de la fin contre la Slovénie alors que l’Algérie perdait 1 but à 0. Et celle de ce même Guedioura (à la place de Ziani) à 20 minutes de la fin du match contre les États-Unis alors que les dés n’étaient pas jetés (0-0) et qu’il fallait à tout prix gagner ce match pour se qualifier au deuxième tour. Faut-il rappeler qu’il y avait Abdoun et Boudebouz, titulaires indiscutables dans leurs clubs respectifs, sur le banc algérien ?

L'équipe est donc sortie du mondial avec la sensation de pouvoir mieux faire avec un sélectionneur qui n’a pas su exploiter son effectif à 100% (surtout en phase offensive).
On notera quelques éléments positifs de Saâdane comme la titularisation de Fouad Kadir (le milieu offensif de Valenciennes) au poste de latéral droit et le coup de poker sur Raïs M'bolhi tant en le convoquant à la dernière minute au mondial qu’en le titularisant dans les deux derniers matchs du premier tour.

 

Et maintenant ? : Système de jeu à revoir

Le 5-3-2 a bien dépanné les verts sachant qu'à quatre défenseurs derrière et sans un arrière droit de métier, l’équipe aurait beaucoup souffert.
À présent, la première véritable urgence est de trouver cet arrière droit qui manque depuis longtemps afin de stabiliser la défense et équilibrer l’équipe. La paire Yebda-Lacen a très bien fonctionné au mondial et sera sans doute maintenue. Au niveau de l’animation offensive, le retour de Meghni dans quelques mois fera du bien à l’équipe et à Ziani qui aura plus de liberté dans l’entrejeu. Ajoutant à cela les deux jeunes Abdoun (24 ans) et Boudebouz (20 ans), l’équipe semble bien armée pour l’avenir. En attaque, Ghezzal et Djebbour n’ont pas convaincu et il faudra faire appel à de nouveaux attaquants dès les prochains matchs amicaux.

 

Changement de sélectionneur

Rabah Saâdane a montré plus d’une fois ses limites, surtout au niveau tactique.
En participant à ce mondial avec plusieurs joueurs nés à l’étranger, cette équipe d’Algérie a envoyé un message clair à tous les joueurs professionnels d’origine algérienne établis un peu partout dans le monde. Il ne serait pas étonnant de voir d’autres Meghni ou Yebda arriver chez les fennecs pour défendre le maillot algérien dès les matchs de qualification pour la CAN 2012. Ayant conscience du potentiel de cette jeune équipe qui ne cesse de se renforcer, la FAF devra changer de sélectionneur, et vite !


N.S.

Lu 2145 fois Dernière modification le mercredi, 30 juin 2010 10:29