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Mardi, 29 Octobre 2013 17:01

INTERVIEW DE FREDDY ZEMMOUR (2ème Partie)

Écrit par Mustapha Tidadini

Question : Pourquoi êtes-vous parti en 1968 ?

 

Réponse : Je suis parti d’Algérie en 1968 car ma femme et moi souhaitions nous rapprocher de nos familles qui avaient quitté l’Algérie entre 62 et 68. D’autre part, j’avais commencé à fonder une famille, et mes responsabilités vis-à-vis de cette famille m’apparaissaient de plus en plus évidentes. Je commençais déjà à penser à l’avenir, et je n’avais pas de métier. Je travaillais à la SALMA, rue Lakhdar Ferkous, à Belcourt (Belouizdad), une société filiale de FIAT qui importait du matériel agricole, comme employé administratif, je m’occupais du dédouanement-transit des matériels importés, j’étais souvent sur le port d’Alger pour mon travail. J’ai préparé mon arrivée en France en suivant des cours de programmeur informatique chez IBM Alger. J’ai obtenu ce diplôme, et j’ai débuté une carrière d’informaticien à mon arrivée en France.

Ma décision de quitter l’USMA et l’Algérie n’a pas été facile à prendre. Mais j’ai toujours été un " homme de devoir ", et je me devais de privilégier ma carrière professionnelle pour le bien être de ma femme et mes enfants.

Question : La violence, le racisme et la xénophobie gagnent de plus en plus de terrain dans le monde du football. Aviez-vous été sujet à ce genre de comportement lorsque vous jouiez en Algérie ?

Réponse : Concernant le racisme dans le sport, à mon époque, une seule fois, en 1964, j’ai été agressé à la rentrée aux vestiaires par un joueur de Batna, à Batna, à la fin d’un match qu’on avait gagné 4 à 1. Je peux dire que tous mes coéquipiers, comme les dirigeants de l’USMA m’ont immédiatement protégé.

Les dirigeants de l’USMA et la plupart de mes co-équipiers, ont d’ailleurs toujours été préoccupés par ma protection. La preuve, à l’été 1967, je pars en France en vacances, avec ma famille. Pendant mon absence, éclate la guerre des 6 jours entre l’Egypte et Israël. Etant juif, ni croyant, ni pratiquant, l’USMA a pris l’initiative de vérifier que personne dans l’immeuble que j’habitais au 22 Bd Bougara, ne risquait de m’importuner ou me faire du mal. Mon retour à Alger a été sans problème. Personnellement, il ne m’est jamais venu à l’idée que cet évènement pouvait avoir une incidence sur ma vie en Algérie. Pour moi, le sport, et le foot en particulier, étaient au-dessus de tout ça

Question : Suivez-vous régulièrement l'actualité sportive de l'USMA ?

Réponse : Depuis quelque temps, je suis les résultats de l’USMA. Mais même si avant cela, je ne les ai pas suivis régulièrement, je n’ai jamais oublié l’USMA. Elle est restée dans un coin de mon cœur, au même titre qu’ALGER, ma ville natale. On ne peut pas oublier la ville où on est né, où on a grandi et où on a fondé une famille. On ne peut pas oublier le Club où l’on a joué la meilleure partie de sa carrière sportive et avec qui on a conquis un titre national.

Question : Et celle de l'équipe nationale algérienne ?

Réponse : L’équipe nationale algérienne m’intéresse également, et je suis ses résultats notamment pour les qualifications de coupe d’Afrique et du monde.


Question : Avez-vous gardé des contacts avec les "anciens" de l'USMA ?

Réponse : Je n’ai pas eu de contact avec mes anciens coéquipiers, sauf avec Bob (Belbekri) que je revois de temps en temps, Djermane que j’ai revu en 2009, lors d’une escale à Alger, avant de rejoindre Tamanrasset, et il y a quelques années, j’avais eu Bernaoui au téléphone par l’intermédiaire de mon ami Ali Sellami. J’ai su que Meziani avait eu des problèmes de santé, et j’avais appris la mort accidentelle de Bentifour en 1970, puis les décès de Boubekeur, El Okbi et cette année celui de Krimo (Rebih).

Mon souhait serait que les joueurs des années 1962 à 70, nous nous retrouvions à Alger. Ce ne sera pas simple de contacter et réunir tout le monde, mais un site internet comme celui de l’USMA peut lancer une opération " Retrouvailles des Anciennes Gloires " pour montrer que l’USMA, c’est avant tout une grande famille.


Question : Au cours de la saison 86-87, Boualem Abaza vous avait invité pour assister à une rencontre de l’USMA contre le MB Tablat (1-0). Pouvez-vous apporter un éclairage sur cette venue à Alger ?

Réponse : Pour répondre à votre question, je n’ai jamais été invité par Boualem Abaza à assister à une rencontre de l’USMA. J’avoue que j’aurais bien aimé ……

Je suis revenu à Alger en 1987, mais mon objectif à cette occasion était de faire connaitre l’Algérie à ma compagne Lydie et sa fille Claire qui avait 8 ans à l’époque. Lydie deviendra mon épouse en 1990 et c’est avec elle que je vis aujourd’hui. J’avais préféré une arrivée en bateau, car je trouve que l’arrivée et la découverte d’Alger par bateau, est un moment inoubliable. Mais avant même d’arriver à Alger, j’ai pu m’apercevoir que les supporters de l’USMA ne m’avaient pas oublié, car à peine avoir mis les pieds sur le bateau à Marseille, plusieurs des employés du bateau m’avaient reconnu, et nous avions été fêtés avec beaucoup de chaleur. Nous avions même été invités à la table du Commandant, qui était aussi supporter de l’USMA.

Pendant notre séjour, nous avions été hébergés par la maman d’une amie, qui habitait au boulevard des Martyrs. Cette dame (Zohra Adjouati) est connue à Alger pour être une des rares femmes dont la passion est la pêche. Elle pêchait à l’époque sur la jetée Nord de l’Amirauté.

Lors de ce voyage, nous avions fait un périple en voiture Alger-Djelfa-Laghouat-Ghardaïa-Touggourt-El Oued-Biskra-Timgad-Batna-Sétif-Alger, pour faire découvrir l’Algérie à Lydie et Claire. Dans la traversée des Aurès, nous nous arrêtons au Balcon de Ghoufi, qui domine les gorges (ou canyon) de l’Oued Abiod. Un site exceptionnel de beauté : un ruban vert qui coule au fond d’une montagne rouge parsemée de cavernes troglodytes. Nous distribuons des petits objets et des bonbons à 2 enfants, un garçon et une fille, qui étaient là. Comme je le disais, nous étions en admiration devant ce site d’une beauté étonnante et un monsieur, le papa des enfants, s’approche de nous. Lydie lui dit " c’est un endroit d’une beauté rare " et celui-ci de répondre " c’est un endroit où il y a eu la guerre……. et sachez qu’il n’y a rien de plus beau que la Liberté ".

Ce monsieur tenait une petite baraque où il vendait des souvenirs locaux. Nous entrons dans la baraque et quelle ne fut pas ma surprise de voir plusieurs photos de l’USMA accrochées au mur. Je demande à ce monsieur pourquoi il a ces photos, et celui-ci m’explique que ces photos appartiennent à son fils, mais que dans les années 60, il était maître d’école à Alger et qu’il était supporter de l’USMA. Il enchaine en parlant à son fils, et il fait l’éloge de cette équipe de l’USMA pour son jeu, son fair-play etc…. et il cite Zemmour Freddy, qui, dit-il, représentait " l’Honneur de l’Algérie ". Lydie, ma femme, me regarde……….je ne sais plus quoi dire……... et après un instant d’hésitation, je dis à ce monsieur que je suis Freddy Zemmour. Il reste bouche bée, son regard s’illumine, puis ne sachant plus quoi faire, il va chercher un peu de " chorba " qu’il m’offre humblement. J’en avais les larmes aux yeux. Cet épisode est resté gravé dans ma mémoire, comme un des moments les plus bouleversants de mon retour en Algérie. Lydie, mon épouse, n’a jamais oublié ce moment de partage sublime en émotions et, lorsqu’il nous arrive encore aujourd’hui de parler de notre voyage en Algérie à des amis, elle mentionne ce passage avec un " serrement de cœur ".

Question : L’USMA compte investir dans sa jeunesse. Elle aura bientôt son centre de formation. Votre riche expérience et le talent d’excellent footballeur qui vous est reconnu par de nombreux sportifs algériens seront, à n’en point douter, d’un grand apport pour les futurs footballeurs du club. Seriez-vous disposé à apporter votre contribution en venant, par exemple, périodiquement donner des conférences aux stagiaires du centre de formation de l’USMA ?

Réponse : Bien sûr, ce serait un grand honneur que me ferait l’USMA. Mais j’avoue que le football d’aujourd’hui est très différent de celui que j’ai joué. Aujourd’hui trop de paramètres extra-sportifs entrent en jeu (financiers, publicitaires, médiatisation, carrière).

Le footballeur de mon époque ne calculait pas. Il entrait sur le terrain pour défendre les couleurs de son club. Si je devais parler de football, les sujets porteraient sur l’esprit d’équipe, le respect de son club, de ses partenaires, et même des adversaires, l’humilité, la sincérité, l’abnégation sur un terrain au profit de l’équipe. Toutes ces qualités qui me tiennent encore à cœur, mais qui sont de plus en plus rares aujourd’hui. Dans cet esprit-là, et en ce qui me concerne, je me souviens que pour les matchs contre le CRB, j’avais mission de marquer Lalmas, un des meilleurs joueurs algériens de tous les temps. Et bien je m’acquittais de cette tache sans discuter. Je ne lâchais pas Lalmas d’une semelle, et pendant 90 minutes, j’étais comme son ombre. Ce n’est pas à moi de dire si je l’ai bien fait ou non, mais en tout cas je rentrais sur le terrain avec une seule idée en tête, mon devoir, ma responsabilité pour le bien de l’équipe. Je me donnais à fond, j’étais toujours en mouvement. Les supporters m’avaient surnommé " triciti " (électricité).

Si vous regardez des photos de phases de jeu, vous ne me verrez jamais en train de marcher. D’ailleurs, quand nous encaissions un but, 8 fois sur 10 c’était moi qui allais chercher le ballon au fond des filets, car très certainement, je devais être à ce moment-là, le joueur le plus proche du ballon.

Une seule fois je ne suis pas allé chercher le ballon au fond des filets alors que j’étais le plus proche : à Tizi-Ouzou en 1964, nous jouons le dernier ou l’avant-dernier match de la saison. Ce jour-là, Boubekeur, par une grossière erreur, nous fait perdre le match et le Championnat d’Algérie que le CRB gagnera avec un point d’avance sur nous. Boubekeur m’avait dit : " tu ne ramasses pas le ballon ? " J’étais tellement en colère contre lui, que je lui réponds " ramasses le toi-même ! ". Il n’en fallait pas plus à Boubekeur pour vous envoyer un lot d’injures. Mais ce jour-là, Ben l’avait prié de se taire. Ben avait la faculté de vous faire comprendre d’un air très autoritaire, mais sans élever la voix, en vous regardant droit dans les yeux avec son regard perçant et en quelques mots, ce que vous deviez faire. Ben était quelqu’un de très respecté, car il était avant tout, très respectueux.

Question : Toujours nostalgique de l'Algérie ?

Réponse : Oui, toujours.

Question : A quand votre prochain pèlerinage à Alger ?

Réponse : Très bientôt, peut-être en novembre ou décembre de cette année.

Question : Des regrets ?

Réponse : Oui ! Concernant l’USMA, très certainement de ne pas avoir gagné plus de titres, et notamment au moins une coupe d’Algérie.

Question : Des souvenirs ?

Réponse : Oui ! L’accueil des supporters de l’USMA par des applaudissements, quand je sortais du vestiaire pour l’échauffement derrière le but côté St Eugène. Mais Meziani était le spécialiste de la sortie pour l’échauffement : il s’arrangeait pour sortir en dernier et tout seul, pour récolter les applaudissements les plus nourris.

Il y a aussi cette petite anecdote qui me revient en tête : en 1965, je roulais sur la route moutonnière avec ma voiture, en direction d’Alger, et à hauteur du Caroubier, un motard de la Police Algérienne me rattrape et vient à ma hauteur en m’intimant l’ordre de m’arrêter. Je stoppe ma voiture sur le côté, le motard se gare devant moi et vient vers moi. Je me demandais quelle infraction j’avais commise. Et bien, c’était pour me féliciter et parler du match que nous avions gagné le dimanche précédent contre le CRB. Il était du Mouloudia, et était content que nous ayons battu le CRB. Il m’a ensuite escorté pendant quelques kilomètres.

Question : Votre plat préféré ?

Réponse : Mon plat préféré ? Le couscous évidemment, mais celui que faisait ma maman, et que j’ai reproduit naturellement, sans fiche de recette : la viande, de l’épaule d’agneau dégraissée, coupée en morceaux et cuite dans un bain de sauce épicée avec du poivre rouge (piment doux) et de l’ail. Le bouillon avec carottes, navets, artichauts, courgettes, pois-chiches et coriandre fraiche.

Question : Votre musique préférée ?

Réponse : J’aime toutes les musiques, avec une préférence à la musique " Country " et bien sur la musique " Châabi " de Lili Boniche et Lili Lâabassi, qui a bercé mon enfance, puisque mes parents sont nés et ont grandi rue Marengo.

Question : Si Freddy Zemmour possédait le pouvoir de changer quelque chose dans ce monde, que ferait-il ?

Réponse : Il y aurait tellement de choses à changer, pour un monde meilleur……..mais avant tout, la notion de respect de chacun envers tout autre, me parait comme l’élément de base d’un monde meilleur.

Question : Nous feriez-vous l’honneur de dédicacer une de vos photos pour les fans usmistes?

Réponse : Avec un grand plaisir.

Question : Un dernier mot Freddy…

Réponse : Je souhaite que l’USMA reste cette équipe respectueuse du beau jeu, propre et sans violences, tout en se faisant respecter, et que ses supporters continuent de l’aimer pour cela.


Cliquez pour lire la 1ère partie de l'interview

 

Des écrits se rapportant à l’action révolutionnaire au cours de la Bataille d’Alger, à la martyrologie de l’USMA et à d’autres faits qui concernent l’activité politique des clubs, notamment dans la capitale, ont été publiés sur la page Face book du groupe de supporters qui se fait appeler « Kop United ».

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