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Mercredi, 04 Janvier 2017 17:23

Alors que la reprise du championnat de Ligue 1 avait été fixée officiellement pour le vendredi 13 janvier 2017, la LFP publie, via son site officiel, un communiqué pour le moins biscornu annonçant le report du début de la phase "retour" pour le vendredi 20 janvier 2017.

Les raisons invoquées pour justifier cette décision sont burlesques, à la limite du ridicule.

Ainsi, selon les termes du communiqué, le décalage aurait été dicté par un souci de réduire les matchs à reporter pour les équipes dont plusieurs joueurs ont été convoqués en EN A et en EN Militaire.

Le hic, c’est que le justificatif avancé est en totale contradiction avec les règlements de la LFP, notamment avec l’article 29, alinéa 3 du règlement des championnats professionnels qui stipule ce qui suit :

Article 29 : Sélections et équipes nationales

3. Un club ne peut demander le report d'un match, que s'il a plus de deux (02) joueurs seniors sélectionnés en équipe nationale A. Les joueurs des autres catégories même évoluant en équipe senior de leur club et sélectionnés n’entrent pas dans le décompte.

Un club ne peut donc demander le report d’un rencontre que s’il a plus de deux (02) joueurs seniors en équipe nationale A, et uniquement en équipe nationale A.

Or, aucun club de la Ligue 1 n’a plus de deux joueurs qui feront partie du voyage au Gabon où notre EN A doit disputer la CAN 2017, à partir du 14 janvier prochain.

L’USMA en a deux (les défenseurs Meftah et Benyahia) alors que la JSK et le MOB comptent chacun un seul convoqué (les gardiens de but Asselah et Rahmani).

Les joueurs retenus dans une sélection autre que l’EN A ne sont, selon le règlement en vigueur, pas pris en compte pour justifier un éventuel report de match.

Clair, net et précis…sauf pour le président de la LFP qui, avec ton péremptoire, accent emphatique, parole abondante et cerveau vide, surfe entre l’illicite et le compromis pour soit disant rectifier le tir et mettre toutes les équipes sur le même pied d’égalité. Enorme mystification destinée à berner les gogos.

Pourquoi ne pas plutôt procéder à un amendement de ce fameux article 29 du règlement des championnats professionnels en incluant dans le décompte (+ de 2 joueurs) les éléments retenus dans les autres sélections (A’ ou Olympique et Militaire, notamment) et donner la possibilité aux équipes pourvoyeuses d’internationaux de demander le report de leur(s) match(s) lorsque la nécessité s’en fera ressentir (participation de leurs joueurs à des rencontres internationales avec les différentes sélections).

Et puis, à quoi rime cette mesurette que la LFP veut présenter comme bénéfique pour les équipes dont les joueurs seront au Gabon ou à Oman ?

1 petite semaine de report alors que les deux compétitions internationales se dérouleront du 14 janvier au 5 février 2017, pour la première, et du 13 au 29 janvier 2017, pour la seconde.

A moins que la LFP table sur une élimination précoce de nos deux sélections et un retour rapide des internationaux locaux dans leurs clubs…

Par Ipanéma

Mercredi, 28 Décembre 2016 20:11

Pour la deuxième fois durant ces quatre dernières années, l'USMA échoue au stade des huitièmes de finale alors que les quarts lui semblaient tellement accessibles. D’ailleurs, en Coupe d’Algérie, les années se suivent et se ressemblent puisque cette élimination se répète ainsi depuis 4 ans, quel que soit l’adversaire.

Paul put et ses joueurs ont montré leur impuissance au cours de ce match couperet. L’USMA n’a à aucun moment dégagé une volonté farouche de gagner. Se faire éliminer est une chose, mais sans panache c’est autre chose. Cette défaite même si elle a été concédée aux tirs au but marque les limites de l’USMA actuelle car, même si on espérait une réaction positive après la déconvenue bécharoise, le champion en titre a encore une fois étalé des lacunes.

Malgré une possession de balle à leur avantage, les Rouge et Noir se sont montrés incapables de concrétiser. Les attaquants ont trop peu existé et des joueurs comme Andria, Beldjilali, Sayoud ou Meziane, pour ne citer que ceux-là, étaient dans un très mauvais jour.

En face, sans être exceptionnels dans le jeu, les abbassis ont su résisté aux attaques brouillonnes et sans conviction des usmistes pour procéder par des contres qui, bien que peu nombreux, n’ont en pas moins mis en difficulté Zemmamouche et sa défense.

Le temps règlementaire et la prolongation n’ayant pas réussi à départager les deux équipes, les belabésiens ont su se montrer plus adroits dans la deuxième séance de tirs au but pour se qualifier au prochain tour de la compétition.

Pour l’USMA, il serait inutile de s’abriter derrière les blessés ou les suspendus, les raisons sont ailleurs. L’USMA va devoir reconstruire une équipe de manière plus intelligente. Les joueurs devront digérer ce nouvel échec et se motiver pour ce qui reste à jouer dans les autres compétitions.

Quant aux supporters qui avaient senti venir cette élimination, ils restent fidèles à leur club de cœur même s’ils auraient souhaité terminer l’année sur une note plus réjouissante.

La feuille de match

1/8e de finale de la Coupe d’Algérie 2016-2017 : USMBA - USMA : 0-0 (5-4 TAB)

Stade : 24 février 1946 (OPOW) – Sidi Bel Abbès

Affluence : nombreuse

Temps : dégagé

Pelouse : bonne

Arbitre : Zerrouk Brahimi - 1er assistant : Semsoum – 2ème assistant : Djaballah

Avertissements : Abdellaoui (100’) pour l’USMA ; Khali (27’) – Benabderrahmane (71’) - Balegh (100’) – Toual (103’) pour l’USMBA

Expulsion : aucune

USMA : Zemmamouche (cap.) – Benguit - Abdellaoui - Chafaï – Benyahia - Benkhemassa – Andria (Sayoud 76’) – Koudri (Benmoussa 112’) – Darfalou – Beldjilali - Hammar (Meziane 66’)

N'ont pas participé : Berrefane – Bengrina – Boumechra – Guessan -

Entraîneur : Paul Put

USMBA : Toual – Yaghni – Cherifi – Benabderrahmane – Khali (Bachiri 36’) – Balegh – Sidhoum – Kourbia – Bounoua – El Amali - Bouguelmouna (Benhocini 86’)

Entraineur : Si Tahar Cherif El Ouazzani

Mardi, 27 Décembre 2016 04:15

 

Semaine cruciale pour les Rouge et Noir qui peuvent terminer l’année sur une mauvaise note s’ils sont sortis de la compétition ou alors plus réjouissante s’ils arrivent à se qualifier aux ¼ de finale de la Coupe d’Algérie.

Paul Put et ses joueurs rencontrent quelques difficultés en championnat, compétition où la régularité dans les résultats est un paramètre déterminant pour jouer le titre. Certes, les chances de l’USMA restent intactes puisque la phase « aller » vient à peine d’être bouclée, les usmistes sont sur le podium et l’écart qui les sépare du leader n’est pas insurmontable. Mais pour briller au cours de la phase « retour », il faudra qu’ils élèvent leur niveau de jeu et qu’ils se montrent meilleurs qu’ils ne l’ont été durant cette première partie de championnat, notamment lorsqu’ils évoluent loin de leurs bases.

Cette parenthèse championnat fermée, place à la coupe d’Algérie. Une compétition où l’USMA ne brille plus depuis 2013, année où les Rouge et Noir se sont adjugé leur 8e trophée.

La dernière fois que l’USMA a atteint les 1/8e de finale de la coupe d’Algérie c’était au cours de la saison 2014-2015. Contre toute attente, les Rouge et Noir avaient été sortis de la compétition par l’ASO Chlef qui avait arraché sa qualification aux ¼, à Omar Hamadi même (1-1 et 4-5 TAB).

Cette fois, le tirage au sort a mis sur la route des usmistes l’USMBA. Une équipe belabésiene qui a la particularité d’avoir battu l’USMA en championnat, au début du mois de décembre.

La rencontre s’était jouée au stade du 24 février 1956 de Sidi Bel Abbès, tout comme celle qui les mettra aux prises mardi prochain.

Les Belabésiens ont l’avantage du terrain mais les usmistes ne manquent pas d’atouts pour revenir de leur déplacement avec le billet de la qualification en poche.

Cela ne sera pas facile, loin s’en faut. Mais si l’USMA a l’intention d’aller le plus loin possible dans cette compétition, il lui faudra aller chercher ses qualifications de Bel Abbès et peut être d’ailleurs, si le tirage au sort l’imposait.

Les forces de l’USMBA sont connues. Elles se situent notamment au niveau de son entrejeu et de son compartiment offensif. Mais les poulains de Cherif El Ouazani ont également leurs faiblesses que les usmistes ne se priveront pas d’exploiter.

Côté effectif, si Meftah manquera à l’appel pour cause de suspension, Paul Put pourra récupérer quelques éléments qui n’ont pas été du voyage à Béchar. Koudri, Guessan, Andria et peut-être Bouderbal pourront être alignés en cas de besoin. Pour le reste, peu de changements interviendront dans la liste des 18 qu’arrêtera le coach usmiste.

Dans un match où on ne peut pas dégager de favori, ce sera du 50/50. Mais ce sera surtout à qui voudra le plus la qualification que sourira la victoire.

1/8e de finale de la Coupe d’Algérie 2016-2017 : USMBA v/s USMA

Date : mardi 27 décembre 2016

Lieu : stade du 24 février 1956 (OPOW) – Sidi Bel Abbès

Horaire : 17h00

Arbitres : ?

 

 

Temps : dégagé

Température : 15°

Vent : faible

Humidité : 60%

Equipe probable : Zemmamouche – Benguit – Benmoussa – Chafaï - Benyahia - Benkhemassa – Andria - Koudri – Guessan – Hammar - Meziane

Remplaçants : Mansouri – Berrefane - Abdellaoui – Benchikhoun - Boumechra - Bengrina - Beldjilali - Sayoud - Darfalou - Abel

Entraineur : Paul Put

Les dernières confrontations entre les deux équipes :

Saison 2013-2014 : USMBA en Ligue 2

Saison 2014-2015 :

Aller: USMA 2 (Boudebouda 2 buts) USMBA 0

Retour: USMBA 1 (Ghazali) USMA 0

Saison 2015-2016 : USMBA en Ligue 2

Saison 2016-2017 :

Aller: USMBA 2 (Balegh - Ghazali) USMA 1 (Andria)

Comment les deux équipes se sont qualifiées :

1/32e de finale :

USMA 2 NTS 0 / RCK 1 USMBA 2

1/16e de finale :

USMA 1 CAB 0 / USMBA 2 RCR 0

Forme de l’équipe

Infirmerie: Zeghdane - Khoualed – Bellahcène -

Incertains: Berrefane, Bouderbal

Suspendu: Meftah

Forme (5 derniers résultats coupe et championnat): VDVVD

Casier disciplinaire : 39 jaunes dont 8 cumulés ont valu deux suspensions (Benkhemassa et Chafaï), 2 rouges : Meftah et Hammar (en équipe réserve)

Meilleur buteur (en coupe) : Guessan (1) - Sayoud (1) - Meftah (1)

Meilleur passeur (en coupe) : Benmoussa (1)

Télévision : match retransmis en direct (17h00) sur la terrestre

Mercredi, 22 Janvier 2014 19:50

Peu nombreux sont les jeunes d’aujourd’hui qui connaissent Sid-Ali Abdelhamid et son parcours de militant de la première heure du mouvement national.

Encore moins nombreux sont ceux qui savent que ce valeureux et humble dirigeant nationaliste a été un brillant gymnaste et a évolué sous les couleurs de la section basket-ball de l’USMA à la fin des années 30.

Il y a quelques jours, le Cercle des amis de la Casbah d’Alger, avec la participation de l’association culturelle les Amis de la rampe Louni Arezki (ex rampe Valée) et la contribution de l’APC d’Alger-Centre, a rendu hommage à Sid-Ali Abdelhamid en organisant une cérémonie en l’honneur de celui qui fut un fervent patriote et un révolutionnaire remarquable.

Nous vous livrons ci-après, quelques articles que la presse nationale a consacrés à Sid-Ali Abdelhamid ainsi qu’une contribution de Monsieur Rédha Amrani, vice-président de la Fondation Casbah, chargé de la recherche documentaire et historique.

Le premier article se rapporte à l’hommage qui a été rendu à Sid-Ali Abdelhamid récemment alors que les deux autres reviennent sur son parcours.



 

Un dirigeant du mouvement national de la médina d’Alger

L’association «Les amis de la Rampe Louni-Arezki» en collaboration avec le Cercle des amis de la Casbah et l’APC d’Alger-Centre a rendu samedi après-midi un vibrant hommage à l’un des dirigeants du mouvement national de la médina d’Alger, Sid-Ali Abdelhamid, qui est également adhérent au Parti du peuple algérien (PPA).

Natif de la Casbah où il a vu le jour le 26 décembre 1921, Sid-Ali Abdelhamid a été présenté devant l'assistance composée essentiellement du président de l’association «Les amis de la Rampe Louni-Arezki», Lounis Aït-Aoudia, du délégué du Cercle des amis de la Casbah, Aouedj Yacine et du P/APC Abdelhakim Bettache qui s’est intéressé à son parcours militant pour l’indépendance de l’Algérie, montrant son combat perpétuel pour la libération de l’Algérie. Ses amis, parmi lesquels Allal Taalibi, ancien militant du PPA, ont témoigné de son parcours sous des applaudissements et des youyous nourris. «Abdelhamid était le chevalier de l’ombre, il était un infatigable militant du mouvement national pour l’indépendance de l’Algérie, il avait une tactique très discrète pour lutter contre l’occupation française et était une référence de résistance pour nous. Il rappellera encore qu’il était un symbole du militantisme algérien. De son côté, Ibrahim Chawki, ami et ancien militant, a souligné que parmi les causes de la révolte de ce militant, il y avait les conditions précaires et dégradantes dans lesquelles vivait la population algérienne. Pour sa part, Lounis Aït-Aoudia, président de l’association des Amis de la Rampe Louni-Arezki, a rappelé son parcours et son amour pour l’Algérie : «Ce militant a démontré son amour pour l’Algérie depuis sa plus tendres enfance». Et d’enchaîner : «Nous voulons rendre à travers ce rendez-vous un hommage à un amoureux de l’Algérie. Et cette rencontre est définie comme une rencontre intergénérationnelle, à travers laquelle on montrera à la nouvelle génération l’un des dirigeants du mouvement national qui a lutté pour que l’Algérie soit libre et indépendante.» En outre, le président d’honneur du Cercle des amis de la Casbah, Kribi Saïd, nous a parlé de son caractère. « Abdelhamid est très calme, il aime la lecture et la politique comme il aime la Casbah », a-t-il dit. Le même avis est partagé par son collègue, Bouabache Djamel, président du Cercle des amis de la Casbah. Ce dernier révélera : « Il est très modeste et il aime ses amis et est très reconnaissant envers tous ces militants qui ont combattu avec lui ». Les nombreux assistants présents ont salué cette initiative qualifiée de reconnaissance à ce grand militant. Le fils du militant, Fawzi Abdelhamid, rencontré peu avant l’ouverture de la cérémonie, s'est déclaré très ému par ce geste. « Je suis très ému par ce geste de reconnaissance car l’hommage à mon père est aussi l’hommage à l’histoire de l’Algérie». Et d’ajouter : « Je suis très fier de mon père, il a toujours été un père exemplaire et une référence, connu pour sa droiture et son honnêteté ». « Il nous a toujours incité à être honnête dans notre vie, il a eu une vie bien remplie et active ». A noter que cet hommage a été marqué par la présence de Sid-Ali Abdelhamid, qui était très ému par cet hommage. «J’offre cet honneur et cette reconnaissance à toute l’Algérie et à tous les Algériens», nous confiera-t-il.

Par Mehdi Isikioune

 


 

 

Entretient avec

SID-ALI ABDELHAMID

Je suis né le 26 décembre 1921 à Alger. J'ai fréquenté l'école primaire de la rue du Divan jusqu'à juin 1935, CEP. En parallèle, j'ai fréquenté la médersa Chabiba les jeudis et les dimanches de 1931 à 1935.

En Avril 1937, je suis entré aux PTT comme jeune facteur distributeur de télégrammes jusqu'à avril 1943. J'ai démissionné pour ne pas faire l'armée. J'étais recherché par la gendarmerie depuis fin 1942.

Pendant mon emploi aux PTT, j'ai eu l'occasion d'apporter des télégrammes au PPA de la rue de la Marine (rue du Liban), local du PPA.

Entre 1937 et 1939, j'ai eu l'occasion d'assister à des réunions du Parti organisées dans des cinémas et à des réunions dans les locaux du Parti (rue du Liban et Place Duquesne).

En 1940, j'ai adhéré au CARNA par l'intermédiaire de Mohammed Taleb.

Au débarquement des Alliés en novembre 1942, je fis partie du groupe des sept qui se sont réunis à la médersa Er-Rachad pour créer l'organisation politique en marge du PPA.

Avant cette date, j'ai été parmi les fondateurs de la médersa Er-Rachad en 1941 qui fut un vivier de militants.

En 1943, nous avions diffusé le Manifeste et incité les jeunes pour ne pas aller à l'armée. J'ai participé à la manifestation du 30 décembre 1943.

En 1944, le local où fut imprimé le premier numéro de l'Action Algérienne était loué en mon nom.

Le transfert de l'imprimerie dans un autre lieu a été fait par moi avec un seul militant vers un local appartenant à mon père, rue d'Affreville. Cela en vue de limiter le nombre de personnes à connaître le local.

A partir de ce moment, j'étais chargé de l'impression du journal avec une équipe se composant de Lamraoui M'hammed et Ladjali Saïd typographes et Hamma ( ?) Ahcène et Abdelhamid Mustapha comme tireurs de journal.

En octobre 1944, à la suite de la découverte de documents ayant trait au journal, je fus recherché par la police judiciaire et la PRG jusqu'en mars 1946. A la suite de l'amnistie, les recherches furent arrêtées.

En 1946, je fus désigné responsable du Grand-Alger au PPA.

Je fus chargé de l'organisation matérielle de la Conférence de décembre 1946 et du Congrès de 1947. En novembre 1947, je fus désigné membre du BP et trésorier général en remplacement de Aït Ahmed, désigné responsable de l'OS.

En 1950, j'étais responsable de l'organisation politique, jusqu'en avril 1953.

Arrêté le 8 avril 1950, dans l'affaire du complot jusqu'en octobre 1950.

Après le Congrès de 1953, je fus chargé des organisations de masse.

Membre fondateur du CRUA en mars 1954.

Arrêté le 22 décembre 1954 jusqu'au 15 mai 1955.

Rejoins le FLN après dissolution du CC.

L'intégration fut faite avec Abane Ramdane en présence de A. Kiouane et Saâd Dahlab en mon domicile à Diar-el-Mahçoul.

Je fus mis à la disposition de Ben Khedda qui me chargea de trouver des refuges et des armes.

Contact fut pris avec Mourad Kiouane pour les armes. Une somme de deux millions de centimes lui fut remise. L'argent m'avait été remis par Saâd Dahlab.

Aucune arme ne fut remise.

Arrêté le 24 mai 1956 jusqu'au 26 octobre 1960. J'ai connu les camps de Berrouaghia, Saint Leu, Bossuet (2 fois), Arcole, Douéra et Paul Cazelles (Aïn Oussera).

Adjoint au maire d'Alger du 4 avril 1953 à décembre 1955. J'ai pratiqué la gymnastique et le basketball. Appartement plastifié en avril 1962 à Diar-el-Mahçoul. Dégâts matériels

Paru sur le site de la fondation Benyoucef Benkhedda



 

 

La gymnastique, l’USMA, le PPA et les prisons

« Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » Beaumarchais

Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile. La vérité guérit le mal qu’elle a pu causer. Avant 1954, il y avait une scission au parti et les militants étaient divisés. Le risque d’enclencher l’insurrection était grand et les conditions objectives n’étaient pas réunies. Nous avions une puissante section de jeunes du parti à La casbah et à Belcourt. Ahmed Bouda et Mohamed Taleb avaient décidé d’unifier ces sections

La prospérité, dit-on, montre les heureux, l’adversité révèle les grands. Ceux qui ont écrit les pages tourmentées et douloureuses de la guerre, en savent quelque chose. De ses origines modestes, il a gardé humilité et la bravoure. Visage rond et joufflu, il est rieur et parfois moqueur, donnant à la discussion des humeurs exquises. Il est porteur d’un nom qui sonne comme deux prénoms : Sid Ali Abdelhamid est issu d’une vieille famille algéroise. Lorsqu’il commence à raconter sa vie, riche en péripéties, il évoque le quartier où il est né en 1921, non loin de Sidi Abderrahmane, le saint patron d’Alger. Il a vu le jour à la rue Caton, du nom de ce célèbre homme politique romain conservateur jusqu’au bout des ongles qu’on surnommait le censeur, qui avait averti dans un de ses nombreux écrits : « Il faut devenir vieux de bonne heure pour rester vieux longtemps. » Sid Ali s’est-il inspiré de cet adage ? A bientôt 88 ans, l’homme, à l’élégance harmonieuse et la verve flamboyante, se fie à sa mémoire phénoménale pour nous livrer son conte de faits. Pour descendre en nous-mêmes, il faut d’abord nous élever, et Sid Ali sait de quoi il en retourne, puisque les sauts périlleux, il les a appris aussi ailleurs que dans un gymnase où, brillant athlète, il comptait parmi les meilleurs. Son physique conservé, il le doit sans doute à l’activité sportive qu’il pratiquait assidûment.

Une famille modeste

Issu d’une famille modeste et nombreuse, Sid Ali se souvient avoir été très près de ses parents. De ses études primaires ou des cours d’arabe à l’école Chabiba d’Alger, créée en 1921 par des mécènes algérois, il garde des souvenirs vivaces. Encore plus du jour où il décrocha en 1935 son certificat d’études, après avoir côtoyé Mohamed Laïd Al Khalifa qui officiait à l’école de la rampe Vallée. « Il y avait Hatab, El Okbi, Habib Réda, les futurs chanteurs Abderrahmane Aziz et Abdelhamid Ababsa, Roudoci et bien d’autres. » Son père Mohamed était ouvrier pâtissier : « Il exerçait rue d’Affreville chez les colons. Un jour, une crise d’asthme l’empêcha d’aller au travail. Comme c’étaient les fêtes de Noël, ses employeurs ne pouvaient tolérer cette absence. Il a été licencié sur le champ, sans autre forme de procès », explique-t-il avec un sens et un souci du détail constants et jamais gratuits. A quelque chose malheur est bon. Mohamed ouvrira sa propre pâtisserie aidé par son fils Sid Ali et les autres membres de la fratrie. Son frère aîné lui dégotera du travail en qualité de facteur télégraphiste. Il y restera jusqu’en 1943 avant de démissionner, pour éviter la conscription. On était en pleine guerre. Jeune, Sid Ali était un sportif accompli, influencé par ses frères aînés qui, eux-mêmes, pratiquaient l’athlétisme et la gymnastique. L’aîné, Abderrahmane, était secrétaire du Mouloudia d’Alger. C’est vous dire l’atmosphère sportive qui régnait chez les Abdelhamid. Que ce soit à l’AGVGA, aux Dragons Gymnastes d’Alger ou à la section de basket-ball de l’USMA, Sid Ali a eu ses heures de gloire. « Grâce à la gym, j’ai participé en Belgique à des concours, mais aussi à Fès en 1937 où on a défilé avec le drapeau marocain en entonnant l’hymne du PPA. » « On a été arrêtés, mais l’intervention de nos dirigeants, Zani Mahmoud et Medad Arezki, nous a fait éviter des conséquences fâcheuses », se souvient-il en multipliant les sourires entendus. Son entrée en politique ? « Jeunes, nous étions animés du sentiment nationaliste qui a trouvé un terreau fertile avec la venue de Messali, le congrès musulman et la naissance du PPA. Grâce à mon métier de postier télégraphiste, j’ai pu approcher Hocine Lahouel, Messali et Kehal Arezki. Je leur apportais des dépêches et, par curiosité de jeunesse, il m’arrivait de les ouvrir et de les lire », avoue-t-il.

Un facteur bien particulier

En 1940, Sid Ali prend contact avec Mohamed Taleb, dirigeant du PPA, qui le fait adhérer au comité d’action révolutionnaire nord-africain. « Ce comité rassemblait un groupe de militants qui, deux années plus tôt, avait pensé que la lutte pour la libération de l’Algérie devait aussi être menée par des moyens militaires. » Lorsque les Américains débarquèrent en 1942, la pression sur les jeunes s’accentua. « On s’activait alors pour inciter des jeunes à ne pas répondre à l’appel du service militaire, à ne pas faire de souscription pour la guerre et à acheter des armes, car la sensibilisation à l’indépendance était déjà entamée. Un groupe de jeunes nationalistes, comprenant Abdoun, Asselah, Cheikh Ahmed Benhocine, Ali Hallit, Temam et moi-même, s’est réuni à la médersa Erachad à la rue Médée. La répression n’allait pas tarder, puisque les militants furent arrêtés, dont Benkhedda, Debaghine, Bencherchali, Djemaâ et Mezghena, suivis par Ferhat Abbas et Abdelkader Sayah. » Le 30 septembre 1943, jour de l’Aïd, une manifestation est organisée. Quelques mois après, et à l’initiative des Taleb, Sid Ali est mis à contribution dans la création d’un journal L’Action algérienne qui n’est pas une feuille ronéotypée, mais une édition en caractères d’imprimerie : un vrai journal quoi ! « On a loué une épicerie à Fontaine Fraîche, qui faisait office de local ; on y vendait même du vin destiné à la clientèle du quartier, en majorité française, et ce, pour éviter les soupçons. On n’y est pas resté longtemps. On s’est déplacés à la rue d’Affreville dans un logement loué par mon père qui ignorait toutes nos activités. J’étais constamment traqué par la police. » En 1946, Sid Ali est désigné responsable du PPA pour le Grand-Alger. En novembre de la même année, le parti participe aux élections et y décroche 5 sièges, Mezghena, Khider, Debaghine, Derdour et Boukadoum Messaoud. « Naturellement l’administration avait truqué les élections. Cela étant, le parti avait besoin de certaines clarifications que le congrès de 1947 était censé lui apporter. La nouvelle orientation est que le MTLD active au grand jour, le PPA clandestinement, alors que l’OS s’occupait du militaire » En novembre 1947, Sid Ali accède au bureau politique en qualité de trésorier général du parti. Les élections de 1948, falsifiées par le gouvernement général, ont aussi valu à de nombreux militants d’être arrêtés. Le parti vivra encore des moments déchirants avec la crise dite berbériste de 1949. L’année suivante, l’OS est démantelée. Sid Ali est arrêté le 8 avril 1950. Il subit les tortures à la villa Mahieddine. La veille, il s’était réuni avec Krim et Ouamrane. Il est transféré à la prison de Tizi Ouzou, puis à Barberousse où il rencontre d’anciens prisonniers, Mazouzi et Zerouali, arrêtés déjà en 1945 ! Il est transféré à Blida où, parmi les pensionnaires, figuraient Ben Bella, Mahsas, Bouguerra, Benhadj Djillali. Dès sa sortie de prison, Sid Ali songe, avec ses camarades, au congrès qui tardait à se tenir, en raison des tergiversations de Messali. « En 1953, une délégation, composée de Lahouel Hocine, Dahlab, Souyah et moi-même, est partie voir Messali pour le ramener à la raison, mais en vain. » En fait, le zaïm avait demandé davantage de pouvoirs. « La crise est déclenchée début 1954 avec un travail fractionnel de sa part, alors que nous ouvrions pour l’unité et l’action. J’ai été arrêté le 22 décembre 1954 et libéré en mars 1955. De nouveau arrêté le 26 mars 1955 avec l’équipe de l’UGTA, Bourouba, Aïssat et d’autres, nous avons fait les camps de Bossuet, Berrouaghia, Arcole, Douéra, Paul Cazelles, St- Leu, avant d’être libérés fin octobre 1960. En 1962, on a cessé toute activité politique au FLN parce qu’on était du groupe de Benkhedda, Kiouane et Saâd Dahlab. »

En 1962, il se retire de la politique

Sid Ali travaille chez Bata comme chef du personnel. De juillet 1962 à mai 1975, et avec l’émergence de Sonipec, il est PDG de l’entreprise. Puis il est désigné responsable de la brasserie de Réghaïa. « J’y ai trouvé une dette de 720 millions et une gestion qui laissait à désirer. J’ai concrétisé le projet de limonaderie en me débrouillant auprès des banques. Après la nationalisation je me suis retrouvé directeur d’usine jusqu’en 1982. » Il est désigné directeur des eaux minérales. Il n’y fera pas de vieux os. Il finira conseiller au ministère avant de prendre sa retraite en 1988. Que pense-t-il de son parcours mouvementé ? « Ce qu’on devait faire, on l’a fait en toute conscience et on a atteint notre but, l’indépendance qui a beaucoup apporté. » L’euphorie de juillet estompée, le constat est plus nuancé. La colère l’emporte. « Le pays n’a pas été dirigé comme il le fallait en 1962. On a préféré les complaisants et les béni-oui-oui. Les dirigeants se sont beaucoup compromis dans le régionalisme et le népotisme. Les syndicats n’ont pas du tout joué leur rôle, en considérant les entreprises comme leur bien privé. Aujourd’hui, c’est vrai qu’on est déçu de la façon dont est géré le pays. L’exemple n’est pas donné par le sommet. » Comme on dit, la victoire est belle mais il est encore plus beau d’en bien user...en plus d’un travail de mémoire appréciable qui consiste à éditer des livres se rapportant à l’histoire contemporaine de notre pays, en faisant connaître ses acteurs, l’association du 11 Décembre dont il est membre actif, n’est pas peu fière d’avoir été à l’origine de la baptisation de l’hôpital de Bab El Oued ex-Maillot, du nom de Lamine Debaghine et de l’université d’Alger qui porte désormais le nom de Benyoucef Benkhedda?

Parcours

Sid Ali Abdelhamid est né en 1921 à La Casbah où il a poursuivi ses études primaires avant de décrocher son certificat d’études. Il aidera son père pâtissier avant d’opter pour les PTT où il est engagé en qualité de facteur télégraphiste. Sportif, il sera champion en gymnastique dans la lignée de ses nombreux frères, eux aussi athlètes émérites. A l’adolescence, il s’éveille à la conscience nationale et se rapproche des militants qu’il côtoie. A 25 ans, il est membre du BP du PPA en qualité de trésorier général. Sa vie militante est chargée. Il sera arrêté à plusieurs reprises et ballotté de prison en prison. A l’indépendance, il se retire carrément de la scène politique, occupant des postes administratifs jusqu’à sa retraite, en 1988. Il est actuellement membre de l’association du 11 Décembre.

Publié dans El Watan le 24.04.2008  Par Hamid Tahri



 

Sid-Ali Abdelhamid a appartenu au CARNA (comité d’action de la révolution nord-africaine) créé par Mohamed Taleb et Rachid Ouamar en 1940. La création du CARNA s’est faite après que onze (11) membres du PPA eurent présenté leur démission suite au refus de Messali Hadj de parler d’insurrection armée (septembre 1939).

Le CARNA avait notamment été à l’origine de la parution du journal l’ « Action Algérienne » sous l’impulsion de Mohamed Taleb, de son frère Abderrahmane, Saïd Amrani, Mohamed Ladjali et Sid Ali Abdelhamid. Ont participé à l’écriture des différents articles qui y paraissaient des personnalités telles que Benali Boukort, Taleb Mohamed, Mouloud Mammeri, Asselah Hocine, Maître Sator, Mostefa Lacheraf,…

Au cours de l’année 1951, alors que la rupture intervint entre Messali Hadj et Saïd Amrani, Sid Ali Abdelhamid succéda à ce dernier à la tête de l’Organisation (le CARNA abandonna le terme de comité pour prendre celui d’organisation, après sa réintégration au PPA, en 1944)

Rédha Amrani, vice-président de la Fondation Casbah, chargé de la recherche documentaire et historique.


Juillet 1937, photo prise au premier siège de l'USMA, sis au Café des Sports, rue Bruce

Sid Ali Abdelhamid est au centre, à droite du garçon de café.  On peut reconnaître également Ali Ziad, 1er président de l’USMA, debout, troisième à partir de la droite, ainsi que Amrani Abdelkader, père de Monsieur Rédha Amrani, accroupis, 3ème à partir de la droite.

L’équipe réserve de basket-ball de l’USMA, année 1952.

Sid Ali Abdelhamid est debout, 3ème à partir de la gauche.

Debout, à l'extrême gauche Sid Ahmed Amrani et Cheikh Abdelhakim Bencheikh El Hocine, directeur de l'Ecole Errached au sein de laquelle fut créé par Mohamed Boudiaf, Sid Ali Abdelhamid, Hocine Lahouel et Bachir Dekhli, le CRUA (mars 1954)

 


Photo prise au camp de concentration de Bossuet, en 1957.

De gauche à droite, Sid Ali Abdelhamid, Mustapha Ketrandji, un prisonnier dont le nom a été oublié et Amrani Abdelkader

Mercredi, 08 Janvier 2014 15:54

« Tchalabi ya Tchalabi…Tchalabi ya Tchalabi….Tchalabi ya Tchalabi…Âati lelqalbek ya Tchalabi »

Qui parmi les anciens ne se souvient pas de ce refrain chanté par les supporters de l’USMA à chaque fois que le virevoltant Kamel malmenait ses adversaires.

Chalabi était un ailier de débordement type, un attaquant au dribble chaloupé, qui pouvait désarçonner à lui seul une défense. A ses qualités techniques indéniables, il faudra ajouter des qualités morales remarquables et un comportement exemplaire sur et en dehors des terrains.

Usm-alger.com l’a sollicité pour qu’il apporte sa contribution à l’enrichissement de l’histoire de l’USMA et pour que les plus jeunes d’entre les amoureux des Rouge et Noir puissent connaître un de ceux qui ont porté haut et fort les couleurs du club.

Kamel Chalabi a aimablement accepté de le faire en répondant à nos questions. Qu'il en soit remercié !


Question : Pour commencer, que devient Kamel Chalabi ?

Réponse : Tout d’abord, je voudrai remercier le site usm-alger.com de m’avoir donné la possibilité de m’exprimer.

Ce que devient Kamel Chalabi ? Eh bien, je suis à la retraite depuis un certain temps déjà. Je le suis depuis l’année 2008 exactement.

Q : Les plus anciens vous connaissent, les jeunes supporters un peu moins. Pouvez-vous vous présentez ?

R : Je vais sur mes 67 ans puisque je suis né un jour d’avril de l’année 1947, à Bologhine (ex Saint Eugène).

Mes premiers pas dans le football, je les ai faits à l’Association Sportive de Saint Eugène (ASSE). Ensuite j’ai joué à l’Olympique Musulman de Saint Eugène (OMSE) avant d’atterrir à l’USM Alger à la fin des années 60. J’avais à peine 21 ans lorsque j’ai rejoint les Rouge et Noir. J’y ai joué pendant 8 saisons au poste d’ailier droit.

Avec l’USMA, j’ai participé à la finale de la Coupe maghrébine des vainqueurs de coupe que nous avions perdu contre le club marocain de la Renaissance de Settat (2-1) après avoir battu en ½ finale le club libyen du Hilal de Benghazi (2-1). Sur les 7 finales que l’USMA avait jouées, au moment où j’étais dans ses rangs, je n’ai participé qu’à 2. Toutes les deux, hélas, perdues face au CRB et au MCA.

J’ai, enfin, fait partie de l’équipe qui a été désignée championne de la division 2 obtenant ainsi son accession en division 1, en 1974.

Q : Quel a été votre parcours avant d’atterrir à l’USMA ?

R : Comme je l’ai dit précédemment, avant de venir à l’USMA, j’ai fait mes débuts dans le football à l’ASSE, club du quartier où je suis né. J’ai signé une licence « minime » au cours de la saison 1958-1959.

Au lendemain du recouvrement de l’indépendance par notre pays, j’ai rejoint l’OMSE. J’y suis resté de 1963 à 1967.

C’est en 1968, que j’ai intégré les rangs de l’USMA. J’avais 21 ans. Je ne l’ai quitté qu’en 1977.


Q : Vous faisiez partie d’une formidable équipe avec les Meziani, Belbekri, Aïssaoui, Saadi,…pourtant vous n’aviez rien remporté avec l’USMA. Comment expliquez-vous cela ?


R : C’est exact ! L’USMA de l’époque avait une fière allure avec tous les joueurs que vous avez cités et bien d’autres encore. Cependant, les résultats ne suivaient pas toujours la manière. Nos échecs étaient surtout dûs à notre manque de réussite.

Nous avions réussi, toutefois, à terminer champions alors que nous étions en division 2 et étions retournés en division 1 (1974) après 2 années passées au purgatoire.

Q : En 1972, vous avez raté la finale de la Coupe d’Algérie contre Hamra Annaba parce que vous avez été aligné avec l’équipe de la gendarmerie nationale pour le compte de la finale militaire. Comment avez-vous vécu cette frustration ?

R : Je me souviens de cette fameuse finale comme si c’était hier. J’ai été privé de jouer avec l’USMA alors qu’il était convenu que je participe à la finale face à Hamra Annaba.

Ce jour-là, l’équipe de la gendarmerie nationale dont je faisais partie jouait la finale militaire en ouverture du match USMA-Hamra Annaba. Des rumeurs persistantes disaient que j’allais être aligné pendant une mi-temps au cours de la finale militaire et qu’on allait me permettre de jouer la finale de la Coupe d'Algérie avec l’USMA. En fin de compte, on refusa de me laisser jouer avec l’USMA pour des raisons encore obscures aujourd’hui.

Avoir raté la finale USMA-Hamra Annaba m’avait fait très mal. J’ai été touché au plus profond de mon être et j’ai pleuré tout mon soûl. Ma déception était d’autant plus grande que l’USMA s’était inclinée face à Hamra Annaba.

Q : Nous avons encore en souvenir vos duels avec le regretté Chikh Zerrouk du mouloudia, auquel vous faisiez souvent des misères. Est-il vrai que vous avez un lien de parenté avec ce joueur ?

R : Contrairement à l’idée répandue chez les supporters des deux clubs rivaux, je n’ai aucun lien de parenté avec le regretté Chikh Zerrouk, Allah yerrahmou.

Lorsque nous jouions le mouloudia, Chikh était mon adversaire direct. Je lui faisais tellement de misères qu’il me demandait de ne pas jouer de son côté. Il lui arrivait d’user d’un jeu brutal pour essayer de me museler mais nos rapports restaient cordiaux dès que le match prenait fin. Le football est ainsi fait. Au cours d’un match, on reçoit des coups et on en donne mais, dès que la partie se termine, on redevient amis.

Q : Au cours de votre riche carrière, vous avez côtoyé ou affronté pas mal de joueurs. Lequel vous a le plus impressionné ?

R : Incontestablement, Hacène Lalmas à qui je souhaite un prompt rétablissement.

Hacène, Allah ichafih, était le meilleur joueur d’Afrique

Q : Vous arrive-t-il de revoir vos anciens partenaires ?

R : Quelque fois, notamment à l’occasion de matchs que nous organisons entre vétérans. J’ai ainsi l’occasion de revoir d’anciens coéquipiers à l’image de Bachir Zitoun, Rachid Debbah, Kamel Berroudji, Kamel Tahir, Rachid Lala, Hocine Rabet, Fodil Oulkhiar et Mouldi Aïssaoui.

Q : N’avez-vous jamais songé à embrasser une carrière d’entraîneur ?

R : Entraîneur, je l’ai été juste après avoir arrêté ma carrière de footballeur.

J’ai drivé successivement :

  • les cadets de l’OMSE (1978-1979)

  • l’équipe senior du club du CR Fouka, qui évoluait en inter wilaya (1981-1982)

  • l’équipe senior de la JSM Cheraga qui jouait en régionale (1984-195)

  • l’équipe de la gendarmerie nationale avec laquelle j’ai été deux fois en finale de la Coupe d’Algérie militaire (1990-2003)

  • l’équipe nationale militaire que j’ai conduite en demi-finale de la Coupe d’Afrique militaire en 2004 et en finale de la Coupe du Monde militaire qui s’était déroulée en Allemagne en 2005 (2004-2007).

Comme vous pouvez le constater ma carrière d’entraîneur est quand même assez bien remplie

Q : Les ailiers de débordement sont de plus en plus rares de nos jours, sans doute à cause de l'évolution du football. Ne pensez-vous pas que le jeu d'attaque s'en ressent ?

R : C’est exact ! A notre époque, le jeu était basé sur des débordements sur les ailes. La tactique était pratiquement affichée chez tous les clubs et était connue par tous les entraîneurs. Le jeu était plus ouvert qu’il ne l’est actuellement et voir évoluer les équipes constituait un véritable régal pour les yeux.

De nos jours, en Algérie, le jeu est moins plaisant. On voit de moins en moins d'attaquants percutants, de joueurs de débordement.

C’est peut-être une des causes de la régression du niveau de notre football et de la désertion des stades par le public.

Q : Suivez-vous toujours l’actualité sportive ?

R : J’essaie surtout de suivre l’USMA, qui reste le club de mon cœur.

Cette saison le titre semble lui tendre les bras. J’espère que nous aurons l’occasion de célébrer le 6ème titre de champion d’Algérie au mois de mai prochain. Je souhaite bonne chance à l’USMA !

Q : Qu’avez-vous ressenti lors de la double consécration de l’USMA de cette saison ?

R : J’ai été très heureux que l’USMA soit parvenue à obtenir une double consécration dans la même année, au cours du même mois de mai.

Après la mémorable victoire en Coupe d’Algérie face au MCA, l’USMA a pu décrocher un historique premier titre international, quinze jours après. Que du bonheur !

Q : Pensez-vous que l'argent aide au développement de notre football ?

R : Je ne le pense pas…ou du moins pas seul !

Je me souviens que, de mon temps, nous jouions sur du tuf avec des chaussures de foot de très mauvaise qualité. Mais notre rendement sur le terrain était meilleur et le public en avait pour son argent. Lorsqu’ils allaient voir un match, les supporters repartaient rarement déçus.

Pour que notre football redevienne ce qu’il était, pour son développement, il faudrait confier sa gestion à des gens du métier. Des personnes qui ont acquis des compétences dans le domaine du sport, en général, et du ballon rond, en particulier, et penser, pourquoi pas, à faire appel à ceux qui ont tant donné au football national et qui peuvent encore être utiles.

Q : Pour finir, Kamel, avez-vous un message à faire passer ?

R : Je souhaite bonne chance à notre équipe nationale qui doit représenter les couleurs de notre pays au Mondial brésilien.

Ensuite, je formule le vœu que l’USMA s’adjuge le sacre final en championnat au mois de mai prochain.

Je tiens également à saluer tous mes amis de Bologhine.

Je ne terminerai pas sans remercier le site usm-alger.com qui s’est souvenu de moi, m’a ouvert ses colonnes et m’a permis de me remémorer les agréables moments que j’ai connu avec l’USMA.

Je salue chaleureusement tous les supporters de l’USMA et tous ceux qui m’ont connu, sur un terrain de football ou dans la vie de tous les jours.

Pour tous ceux qui voudraient me contacter, voici l’adresse de ma page Facebook : https://www.facebook.com/kamel.chalabi.315?ref=tn_tnmn

Je les invite à venir la consulter

 


Jeudi, 24 Octobre 2013 14:35

Au lendemain de la mémorable victoire de l’USMA en finale de la coupe d’Algérie, le 1er mai dernier, nous avons eu l’agréable surprise de lire ce commentaire sur la une de notre site : "Ancien joueur de l'USMA, de 1962 à 1968, je suis heureux de voir l’USMA vaincre le mouloudia d’Alger en finale de coupe d'Algérie. C’est un grand moment ! J’ai fait partie de la première équipe championne de l'Algérie indépendante, mais je n'ai jamais été en finale de coupe d'Algérie, souvent barré par l'entente sétifienne notre bête noire de l'époque. Un grand bravo à l’USMA (joueurs et dirigeants) et à toute la famille de l’USMA."

Un ancien joueur de l’USMA des années 60 venait de se manifester après une longue période d’absence.

Freddy Zemmour (c’est de lui qu’il s’agit) tenait à s’associer à la famille usmiste pour partager l’immense joie procurée par le succès usmiste sur l’éternel rival mouloudéen mais surtout par le 8ème couronnement des Rouge et Noir en Coupe d’Algérie.

Nous avions tenu à remercier l’élégant demi droit de l’USMA au football de charme et avions profité pour lui demander s’il serait prêt à nous accorder une interview que nous nous proposions de publier sur la une de notre site.

Zemmour a eu l’amabilité d’accepter et de faire un effort de mémoire pour les supporters de l’USMA, pour ceux qui le connaissent et qui ont eu le bonheur de le voir évoluer mais aussi pour les plus jeunes qui n’ont pas eu la chance d’admirer celui qu’on appelait affectueusement Freddy.

Nous vous livrons, ci-après, la première partie de cette interview que Freddy Zemmour préfère appeler " ses mémoires "


Question : Freddy Zemmour, parlez-nous de votre enfance en Algérie. Où êtes-vous né ? Où avez-vous habité ? Quels établissements scolaires avez-vous fréquenté ?

Réponse : Je m’appelle Freddy ZEMMOUR et je suis né le 21 février 1942 à ALGER, au 9 rue Adolphe Blasselle, à Belcourt.

A l’âge de 2 ou 3 ans, je suis venu habiter au 85 Rue Sadi-Carnot (aujourd’hui rue Hassiba Ben Bouali), au Champ de Manœuvres (aujourd’hui Place du 1er mai). J’ai fréquenté l’Ecole Chazot, de la Maternelle à la classe de CM2, puis le Collège du Champ de Manœuvres, de la 6ème à la 3ème. J’ai ensuite fait une année à l’Ecole de l’Air de Cap Matifou en classe de 3ème TI, puis une classe de Seconde au Lycée Bugeaud (aujourd’hui Lycée Abd-El-Kader), et une classe de 1ère en autodidacte à la fin de laquelle j’ai passé mon bac.

Tous les étés de mon adolescence, je les ai passés à la Pointe-Pescade (aujourd’hui Raïs Hamidou, petit village balnéaire, à 10 km à l’Ouest d’Alger). Mes parents louaient un cabanon (petit meublé de 2/3 pièces) pour les 3 mois de vacances scolaires, dans un petit immeuble de 2 étages, qui se trouve à l’entrée du port de la Pointe-Pescade. Je passais mes journées avec les enfants de mon âge à la plage de Franco, à nager et à plonger du haut des " pontons " (énormes blocs de pierre) qui sont toujours plantés là, au milieu de la baie de la Pointe Pescade, fermée par 2 longs rochers qu’on appelait les " 2 îlots ". Nous plongions avec un style qui nous était propre et qu’on appelait " mauresqua ".

J’ai travaillé de 1960 à 1961 à la Société de GRANVIK, 24 rue Michelet (aujourd’hui rue Didouche Mourad) qui importait du bois de Norvège. En Janvier 1962, j’ai intégré l’armée française jusqu’en Septembre 1963. J’ai toujours été cantonné dans des camps militaires d’Alger ou de sa banlieue : Béni-Messous, Champ de Manœuvres (Place du 1er Mai), El-Harrach.

Au retour à la vie civile, j’ai habité chez ma mère en 1963 et 64 à Alger, 2 Rue Voinot.

Je me suis marié le 24 octobre 1964 au Consulat de France à Alger. J’ai alors habité au 22 bd Bougara jusqu’en Août 1968, date de mon départ en France. Le 18 Janvier 1965, mon fils Bruno, est né à Alger, à la clinique de l’Avenue Claude Debussy. Ma fille Sandrine, née le 30 janvier 1969 à St Maur des Fossés (région parisienne), a été conçue à Alger.

J’ai travaillé d’Octobre 1963 à Avril 1964, avec Krimo Tiffaoui gérant d’une petite entreprise de déménagements. Puis d’Avril 1964 à Juillet 1968, à la SALMA, société importatrice de matériel agricole, rue Lakhdar Ferkous (Belcourt).

Question : Que devient Freddy Zemmour ?

Réponse : Aujourd’hui, je suis retraité et j’habite en Bretagne, près de Vannes, après avoir vécu 34 ans à Paris et 10 ans au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Question : Où avez-vous commencé à taper dans un ballon ?

Réponse : J’ai appris à jouer au football à la sortie du Collège, sur les terrains vagues qui bordaient le " Foyer Civique " du Champ de Manœuvres, le long du Boulevard Lutaud.

Question : Dans quel club avez-vous signé votre première licence et en quelle catégorie ?

Réponse : Mon père ayant été un fervent supporter du Gallia d’Alger, j’ai commencé à jouer au football à 9 ans dans ce même club et j’ai été champion du département d’Alger dans les trois catégories, Minimes, Cadets et Juniors. J’ai fait ma première année de sénior au Gallia d’Alger en 1961-62. Cette année-là, j’ai joué avec Salah, Djermane, Zitouni Abdelghani, Nassou et Belbekri.

Question : Comment avez-vous atterrit à l’USMA ?

Réponse : A l’Indépendance de l’Algérie, j’étais donc militaire français en garnison à El-Harrach. Belbekri Boubekeur (Bob), avec qui j’avais joué au Gallia en cadet, junior et sénior, est allé voir ma mère qui habitait Alger, en octobre 1962, pour lui demander de me dire de le rejoindre à l’USMA, au stade Bologhine.

A cette époque, je sortais régulièrement de la caserne pour aller voir ma mère à Alger. Je me suis donc tout naturellement, présenté un jour, à l’entraînement de l’USMA, au stade Saint Eugène (aujourd’hui, Omar Hamadi ou Bologhine) où j’ai été accueilli chaleureusement par Bob qui m’a présenté à l’ensemble de l’équipe et à Abdelaziz Bentifour (Ben), l’entraîneur de l’époque. Voilà comment j’ai atterri à l’USMA !

Je ne remercierai jamais assez Bob d’avoir pris l’initiative de venir me chercher. Quand je le lui dis aujourd’hui, il me répond que je ne lui dois rien. Mais je sais, que concernant l’USMA, je lui dois tout. Nous avons été inséparables de 1958 à 62 (cadet-junior au Gallia d’Alger) et de 1962 à 68 (USMA). Nous avons formé une des meilleures paires de " demis " d’Algérie dans la période 1962-68. J’avais le n°4 et il avait le n°6. On jouait encore en WM.

Question : Vous souvenez-vous encore de vos anciens coéquipiers, entraîneurs, dirigeants (Tadilou, Madani, Kanoun, Boubekeur, Bentifour, Oualikene,…). Quelles ont été leurs qualités, leurs défauts… ?

Réponse : Oui, je m’en souviens…

Belbekri : celui que je remercie encore d’être venu me chercher pour jouer à l’USMA. Un pur gaucher, un " travailleur " ne comptant pas ses efforts, avec une volonté de fer et un esprit de gagne démesuré.

El Okbi : un gentleman dans la vie comme sur le terrain. Toujours élégant, style british avec chapeau melon et parapluie noirs. Il était toujours souriant et de bonne humeur, et souvent avec une pointe d’humour.

Boubekeur : Je crois qu’il n’a joué qu’une année à l’USMA. C’était un ancien professionnel, il avait joué à Monaco, et pressenti pour être international français en 1958, avant de rejoindre l’équipe du FLN. Un grand gardien de but, capable de s’envoler pour aller chercher un ballon dans l’équerre du but, mais d’une humeur insupportable sur le terrain. Il voulait tellement gagner, qu’il vous insultait si vous faisiez ce qu’il pensait être une erreur.

Bernaoui : On l’appelait " le sorcier ". Il avait une façon de toucher le ballon qui vous envoutait. Il faisait des " grigris " avec ses pieds dessus/dessous/autour du ballon. L’adversaire ne savait plus où était le ballon. C’était un spectacle à lui tout seul. Il aimait aussi faire le clown : un jour, sur le terrain, il reçoit un projectile lancé par un spectateur. Ce projectile était un morceau de pain ou de sandwich. Et bien, il l’a ramassé et simulé de le manger.

Djermane : un ailier rapide, au démarrage fulgurant. Quand il avait le ballon dans les pieds, il ne levait pas la tête et était capable de laisser sur place son arrière. Et là il filait tout seul au but ou au poteau de corner pour centrer. Je l’ai revu en 2009 à Alger.

Madani : un excellent arrière gauche, qui aimait bien " tripoter " le ballon.

Salah : arrière central avec qui j’avais joué au Gallia d’Alger, avant l’indépendance, puis à l’USMA après l’indépendance. Avec son expérience, il savait commander une défense, et il nous guidait bien sur le terrain, à nous, les jeunes. Il m’appelait " petit ", dans le sens protecteur et non pas péjoratif. Un jour à Batna, il avait secoué un joueur de Batna qui m’avait lâchement agressé.

Guitoun : un fin technicien distributeur de jeu, avec l’esprit malin. Je pense qu’il n’a pas toujours donné tout son potentiel.

Oulkhiar : arrière central, excellent de la tête. Très discret dans la vie. Il a remplacé Salah, après sa retraite sportive.

Kanoun : Un bon arrière d’aile difficile à passer. Très sérieux et concentré sur le terrain. Il faisait " son boulot ".

Meziani : Le chouchou des supporters de l’USMA. Le spécialiste du " petit-pont ". Les défenseurs passaient de sales moments avec lui. Capable aussi de faire la différence à lui tout seul. Malheureusement un peu trop personnel. En début de saison, il était toujours le dernier à signer sa licence.

Krimo : l’avant-centre pétri de qualités techniques, de bonnes intentions et de dévouement à l’équipe. Un battant, qui aimait le beau jeu. Un personnage plein d’envie de " vivre ".

Tadilou : un ailier capable du meilleur comme du pire. Il nous a fait gagner des matchs à lui tout seul. Ben (Bentifour) le chambrait souvent au vestiaire, quand il se faisait masser. Il disait au masseur : non, lui il faut le masser là (en montrant les tempes et le crane).

Aftouche : un arrière droit d’expérience, calme, serein, efficace. Gentleman dans la vie. Il était en fin de carrière.

Tahir Kamel : Un bon gardien de but, plein de vitalité et de bonne humeur. Une phrase de lui m’est restée : il disait souvent " quelle classe ! quelle élégance ! quelle simplicité ! "

Nadji : l’intellectuel du ballon rond. Il était étudiant à mon époque. J’aimais bien discuter avec lui. Il avait une approche très " cérébrale " du foot.

Abdelaziz Bentifour : un joueur hors pair, avec une technique du pied gauche remarquable. Je l’admirais quand il faisait un contrôle orienté de la poitrine. C’était un homme rigoureux, ne laissant pas place à la fantaisie et inspirant le respect, mais resté très humble malgré sa carrière sportive. Je suis arrivé une fois en retard, pour un match de championnat à Bologhine : je me suis retrouvé dans les tribunes.

Oualikene : Comme Ben, c’était un ancien " pro ". A mon époque, il était en fin de carrière. Grand technicien, distributeur de jeu. Il a entrainé l’USMA une année. Mais je le préférais comme joueur plutôt qu’entraineur.

Dahmane Oualane : un dirigeant dévoué de l’USMA que j’ai beaucoup apprécié. Il a été très protecteur concernant ma personne. Un vrai père pour moi. Je l’ai revu récemment à Paris et je l’appelle de temps en temps, pour avoir de ses nouvelles.

Je n’ai pas oublié mes autres co-équipiers : Branci, Saadi, Aissaoui, Djemaa, Rekkal, Mekkaoui, Hammar Rachid, Bouali, Matiben (qui a dû arrêter le foot sur blessure grave, dès la 1ère saison 1962-63).

Question : Est-il vrai que le regretté Abderrahmane Boubekeur (gardien de but) avait l’habitude de crier après vous pour que vous reveniez défendre ?

Réponse : Je n’ai pas été le seul joueur à avoir été insulté par Boubekeur. Je crois que tous les défenseurs avec qui il a joué ont été insultés un jour ou l’autre. Mais tout cela, c’était sur le terrain. En dehors du terrain c’était un personnage jovial charmant et blagueur. Je l’ai vu une fois devenir fou de rage, mais c’était à l’époque où il jouait à l’OMSE. Lors d’un match de coupe USMA-OMSE à Bologhine, Bernaoui lui avait marqué un but de la main (Maradona a d’ailleurs imité Bernaoui en marquant plus tard, le même but en Coupe du Monde contre l’Angleterre). L’arbitre nous avait accordé le but, et nous éliminons l’OMSE 1 à 0. Je crois que même en dehors du terrain, Boubekeur aurait étranglé Bernaoui.

Question : Quel est le coéquipier qui vous a le plus impressionné ? Et le coach qui vous a le plus marqué ?

Réponse : Pour parler du ou des co-équipiers qui m’ont le plus impressionné, je ne retiendrai pas les seules qualités sur le terrain, mais celles aussi dans la vie. Pour moi, les qualités d’un joueur de foot doivent aussi être celles d’un Homme. Elles ne doivent pas s’exercer que sur le terrain mais aussi en dehors du terrain, par un comportement exemplaire, une vie saine et inspirer la confiance. C’est pour ces raisons que je retiendrai, là encore, le nom du regretté Abdelaziz Bentifour, un joueur exceptionnel, droit sur le terrain comme dans la vie. Je ne peux pas ne pas citer, pour les mêmes raisons, Boubekeur Belbekri et le regretté Djamel El Okbi.

Le coach qui m’a le plus marqué, est sans aucun doute Abdelaziz Bentifour, qu’on appelait familièrement " Ben ". Pour le gamin que j’étais à l’époque, être entrainé, côtoyer et jouer avec une star du foot, 4 fois international français, ayant joué dans des clubs comme Nice et Monaco puis dans l’équipe du FLN, c’était comme un rêve devenu réalité. En 1964, je lui ai fait part de mon désir de devenir professionnel en France. Sa réponse a été nette : OK je vais parler de toi à l’OGC Nice, mais je te préviens, apprête-toi à " manger du pain noir ". Heureusement ou malheureusement (je ne le saurai jamais), l’OGC Nice a répondu qu’elle n’avait pas besoin de milieu de terrain à ce moment-là. Je suis donc resté à l’USMA. Je ne l’ai jamais regretté.

Question : Vos joueurs préférés en Algérie, et dans le monde ?

Réponse : Mes joueurs préférés aujourd’hui ? Je ne connais pas assez l’équipe Nationale d’Algérie pour désigner le ou les meilleurs joueurs. Pour désigner mon meilleur joueur, j’essaie de ne tenir compte que de mon jugement et de ne pas me laisser influencer par les médias, et je me réfère sur une période de plusieurs années. Là aussi, je prends en compte l’attitude du joueur hors du terrain.

Messi me parait être encore le meilleur, mais deux joueurs me plaisent beaucoup depuis un peu plus d’un an, Tiago Silva et Matuidi du PSG pour leur régularité à un niveau supérieur, et les interviews qu’ils ont données. Pour conforter mes idées, je n’aurais jamais donné le " Ballon d’Or " à Cristiano Ronaldo, qui est certes un grand joueur, mais à mes yeux un monstre d’égoïsme, sur le terrain, et un prétentieux et arrogant hors pair, en dehors du terrain.

Question : L’USMA de votre époque jouait formidablement bien mais ne réussissait pas à décrocher de titres. Est-il vrai que l’équipe privilégiait le beau jeu et le spectacle au détriment des résultats ?

Réponse : L’USMA de mon époque était réputée pour le beau jeu qu’elle fournissait. Nous avions, naturellement, en nous l’envie de beau jeu. Mais malheureusement, beau jeu et efficacité ne vont pas de pair. Meziani, Krimo, Bernaoui, Guitoun, Oualikene….. n’avaient ni l’esprit, ni le physique de " déménageurs " ou de " fonceurs ". C’étaient tous des fins techniciens. Seul Ben pouvait être aussi élégant qu’efficace dans son jeu. Mais il n’a été joueur qu’en 1962-63, année où nous avons été champion d’Algérie. Il nous a manqué des joueurs réalistes, alliant jeu et résultats.

Aujourd’hui, je peux me poser la question : Etions-nous dans le vrai ? Car nous n’avons plus gagné de titre après 1962-63. Nous étions effectivement l’équipe la plus belle à voir jouer. Nous jouions un football épuré, mais je reconnais que cela ne suffit pas. L’Histoire ne retient que les titres, et je regrette de ne pas en avoir gagné davantage, même si je suis fier d’avoir fait partie de cette équipe.

Question : Dans une interview donnée à un journal national, le regretté Rebih Krimo avait parlé du "label usmiste", d'une "marque de fabrique" dont l'USMA avait, en quelque sorte, le brevet et qui consistait en la production d'un football de très grande qualité, d'un comportement irréprochable des joueurs, sur et en dehors du terrain, et d'une certaine manière de vivre. Tout cela est-il exact ?

Réponse : Oui, mais cet état d’esprit n’était pas calculé, c’était naturel, c’était ce qui nous réunissait. Et à cette époque, on ne s’en rendait pas compte. Ce n’est que bien longtemps après qu’on a pu le réaliser.

Question : Est-il vrai qu'un esprit de camaraderie prévalait au sein de l'équipe dont vous faisiez partie ? Vous arrivait-il de vous voir, souvent, après vos rencontres de football ?

Réponse : Oui, bien sûr. Personnellement, après chaque match à Bologhine, j’allais boire un verre au kiosque en face de la Grande Poste, où je retrouvais Krimo, Ben, Bernaoui, Abaza etc…et beaucoup de supporters dont mon ami Mohamed (chauffeur du Maire d’Alger), Rachid Chicota (policier à Alger), et bien d’autres.

Question : Un souvenir d'un match qui vous a particulièrement marqué ?

Réponse : J’en ai plusieurs…

• Je ne me souviens plus de l’année exactement, 1964 ou 65, nous jouons à Oran, contre l’ASMO me semble-t-il, au Stade Habib Bouakeul (ex-Vincent Monréal). L’action se déroule près du poteau de corner de notre but. Un joueur de l’ASMO fait un centre très aérien du type " chandelle ". Le ballon part très haut dans les airs et dans le soleil, et semble devoir retomber derrière la cage défendue par El Okbi. El Okbi se prépare déjà à aller chercher le ballon derrière les buts, et il commence à contourner le but. Mais au moment où il se trouve à l’extérieur du petit filet, le ballon retombe devant le but, et un attaquant de l’ASMO marque dans le but vide. Je crois que c’est le but le plus idiot que j’ai pris dans ma carrière.

• En 1964 : notre défaite en quart de finale de coupe d’Algérie contre l’Entente Sétifienne 3 à 2 au stade El Anasser. C’est une défaite qui m’a marqué. Nous nous étions mis " au vert " à Chréa. L’Entente a eu de la réussite ce jour-là, elle marque un but sur coup franc à 25m. Le ballon est dévié par le visage de Bentifour et Boubekeur est pris à contre-pied. A la dernière minute, j’hérite d’un ballon aux 16m. Hélas, mon tir passe à quelques centimètres au-dessus de la barre.

• J’ai été sélectionné pour jouer en sélection de la Région d’Alger contre la Guinée, au stade " El Anasser " en 1964. Nous avons gagné 2 à 1, et je marque même un but dont je me souviens très bien encore : j’intercepte un centre venu de la gauche, en coupant au 1er poteau, et je marque du bout du pied droit dans le but situé côté tunnel d’accès au terrain. Le gardien de but de notre sélection d’Alger était Penaud Jean-Pierre, qui faisait des prodiges à l’USMMC (El-Harrach). Mais il n’a pas fini le match, blessé en 2ème mi-temps. C’est Zerga, gardien du Mouloudia, qui l’avait remplacé.

• En 1967, nous jouons au stade Bologhine en championnat (je ne me souviens plus de quelle équipe). Un joueur de l’équipe adverse faute sur moi, et je fais un geste pour me dégager de son étreinte. A la surprise générale, l’arbitre m’expulse du terrain. Je quitte le terrain en pleurant, car j’ai compris que je ne jouerai pas le match suivant contre l’Entente Sétifienne en demi-finale de Coupe d’Algérie à Constantine. Ce match était pour moi la revanche de la défaite subie en 64. Match que l’USMA perdra 2 à 0. J’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’un coup monté pour ne pas que je joue contre l’Entente.

Question : Y a-t-il des faits particuliers qui vous ont marqué pendant tout le temps où vous étiez en Algérie, et après votre départ ?

Réponse : Les faits marquants de cette période où j’étais encore militaire et je jouais à l’USMA sont :

• Notre victoire en juin 63, dans la poule finale du Championnat d’Algérie, qui nous sacre 1ère équipe championne de l’Algérie indépendante : mon plus haut fait de gloire. J’ai joué la demi-finale contre l’USM Annaba. Nous faisons match nul 2 à 2, mais nous gagnons au nombre de corners. Je n’ai pas joué la finale contre le Mouloudia, que nous battons 3 à 0 (je ne me souviens plus pour quelle raison), mais j’ai fêté la victoire à la fin du match sur le terrain Image


• En Juillet 63, match de prestige à l’occasion de la visite en Algérie, du Roi du Maroc, Hassan II, au stade El Anasser, contre les FAR (Champion du Maroc). Résultat 3 à 3.

• Après un match disputé à Constantine (1963), nous retournons à Alger dans la voiture d’un dirigeant de l’USMA, une Dauphine Renault, avec 2 autres supporters. Je suis assis sur le siège arrière. Nous arrivons en vue d’Alger vers 2 heures du matin. Au bout de la grande ligne droite qui va de Bab-Ezzouar (ex-Retour de la Chasse) à El Harrach, pour une raison que j’ignore, la voiture fait plusieurs tonneaux, et s’immobilise sur l’îlot central de la chaussée. Le chauffeur et les 3 passagers sortons indemnes de l’accident. J’ai donc fini à pied les 3 ou 4 kilomètres qui me restaient pour atteindre ma caserne.

Les autres faits marquants relatifs à l’USMA :

• En 1964, au soir d’une victoire contre le CRB, un ami de l’USMA me propose d’aller fêter ça. Nous partons dans ma voiture décapotable de l’époque, une " Sunbeam ", du côté de Fort de l’Eau. Mon ami était une personne déjà adulte, qui aimait " faire la fête " et qui surtout était habitué à " faire la fête ", comparé à moi, qui étais encore jeune et novice. Il ne m’a pas fallu plus de 2 whiskies pour avoir la tête qui tourne. Quand nous rentrons sur Alger, tard dans la nuit, c’est mon ami qui prend le volant et qui se raccompagne tout naturellement chez lui, en haut de la rue Marengo. Il me laisse donc rentrer chez moi, rue Voinot, avec ma voiture. Je prends le volant, je démarre, j’arrive dans la rue Bencheneb, dans une courbe où se trouve la mosquée de la Médersa, j’apprécie mal le virage, et je percute une voiture en stationnement. Je ne demande pas mon reste, je fais marche arrière, et je redémarre sans laisser d’adresse (le propriétaire de la voiture que j’ai percutée, voudra bien m’excuser). J’arrive avenue Claude Debussy, quelques mètres plus bas que la clinique ou naitra plus tard mon fils, j’entends des coups de feu et je vois une voiture de police arrêtée au milieu de la rue. Pour ceux qui ne connaissent pas Alger, l’avenue Claude Debussy n’est pas très large, et a des voitures garées des 2 côtés. Ne pouvant pas passer, je m’arrête derrière elle, et par réflexe de sécurité, je descends et me mets à l’abri dans un renfoncement où des escaliers rejoignent le Bd Mohamed V. Au bout d’un moment, n’entendant plus rien, je décide de sortir la tête, mais les policiers qui redescendaient l’escalier, me tirent une rafale de mitraillette, qui heureusement ne me touche pas. Je crie " Ne tirez pas ! ne tirez pas ! ". Ils me répondent " sortez au milieu de la rue les mains en l’air ". Je m’exécute. Ils me demandent ce que je fais là, et je leur explique que leur voiture me bloquait. J’ai su ensuite qu’ils couraient après des voleurs qui venaient de dévaliser un magasin de l’avenue Claude Debussy. Mais, dans mon état de culpabilité à ce moment-là, la plus grande peur que j’ai eue, ce n’est pas que la police me tire dessus, c’est qu’ils me demandent pourquoi j’avais ma voiture avec l’avant enfoncé. Cela ne les a pas intrigué, ou peut-être ne s’en sont-ils pas aperçus, occupés qu’ils étaient, à courir après les voleurs.

• Le Président Ben Bella, ex-joueur de football à Marseille, était notre supporter d’honneur. Il lui est arrivé de déjeuner avec l’équipe de l’USMA, lors de " mise au vert " de l’équipe. Je me souviens que lors d’un de ces déjeuners, à " La Madrague ", il discutait avec Ben. Je suppose qu’ils parlaient de moi, car le Président Ben Bella m’interpella en me disant " Vas y Freddy, n’aie pas peur, je suis derrière toi ". Il voulait me stimuler évidemment, pour que mon rendement soit encore meilleur sur le terrain.

 

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Mardi, 29 Octobre 2013 17:01

Question : Pourquoi êtes-vous parti en 1968 ?

 

Réponse : Je suis parti d’Algérie en 1968 car ma femme et moi souhaitions nous rapprocher de nos familles qui avaient quitté l’Algérie entre 62 et 68. D’autre part, j’avais commencé à fonder une famille, et mes responsabilités vis-à-vis de cette famille m’apparaissaient de plus en plus évidentes. Je commençais déjà à penser à l’avenir, et je n’avais pas de métier. Je travaillais à la SALMA, rue Lakhdar Ferkous, à Belcourt (Belouizdad), une société filiale de FIAT qui importait du matériel agricole, comme employé administratif, je m’occupais du dédouanement-transit des matériels importés, j’étais souvent sur le port d’Alger pour mon travail. J’ai préparé mon arrivée en France en suivant des cours de programmeur informatique chez IBM Alger. J’ai obtenu ce diplôme, et j’ai débuté une carrière d’informaticien à mon arrivée en France.

Ma décision de quitter l’USMA et l’Algérie n’a pas été facile à prendre. Mais j’ai toujours été un " homme de devoir ", et je me devais de privilégier ma carrière professionnelle pour le bien être de ma femme et mes enfants.

Question : La violence, le racisme et la xénophobie gagnent de plus en plus de terrain dans le monde du football. Aviez-vous été sujet à ce genre de comportement lorsque vous jouiez en Algérie ?

Réponse : Concernant le racisme dans le sport, à mon époque, une seule fois, en 1964, j’ai été agressé à la rentrée aux vestiaires par un joueur de Batna, à Batna, à la fin d’un match qu’on avait gagné 4 à 1. Je peux dire que tous mes coéquipiers, comme les dirigeants de l’USMA m’ont immédiatement protégé.

Les dirigeants de l’USMA et la plupart de mes co-équipiers, ont d’ailleurs toujours été préoccupés par ma protection. La preuve, à l’été 1967, je pars en France en vacances, avec ma famille. Pendant mon absence, éclate la guerre des 6 jours entre l’Egypte et Israël. Etant juif, ni croyant, ni pratiquant, l’USMA a pris l’initiative de vérifier que personne dans l’immeuble que j’habitais au 22 Bd Bougara, ne risquait de m’importuner ou me faire du mal. Mon retour à Alger a été sans problème. Personnellement, il ne m’est jamais venu à l’idée que cet évènement pouvait avoir une incidence sur ma vie en Algérie. Pour moi, le sport, et le foot en particulier, étaient au-dessus de tout ça

Question : Suivez-vous régulièrement l'actualité sportive de l'USMA ?

Réponse : Depuis quelque temps, je suis les résultats de l’USMA. Mais même si avant cela, je ne les ai pas suivis régulièrement, je n’ai jamais oublié l’USMA. Elle est restée dans un coin de mon cœur, au même titre qu’ALGER, ma ville natale. On ne peut pas oublier la ville où on est né, où on a grandi et où on a fondé une famille. On ne peut pas oublier le Club où l’on a joué la meilleure partie de sa carrière sportive et avec qui on a conquis un titre national.

Question : Et celle de l'équipe nationale algérienne ?

Réponse : L’équipe nationale algérienne m’intéresse également, et je suis ses résultats notamment pour les qualifications de coupe d’Afrique et du monde.


Question : Avez-vous gardé des contacts avec les "anciens" de l'USMA ?

Réponse : Je n’ai pas eu de contact avec mes anciens coéquipiers, sauf avec Bob (Belbekri) que je revois de temps en temps, Djermane que j’ai revu en 2009, lors d’une escale à Alger, avant de rejoindre Tamanrasset, et il y a quelques années, j’avais eu Bernaoui au téléphone par l’intermédiaire de mon ami Ali Sellami. J’ai su que Meziani avait eu des problèmes de santé, et j’avais appris la mort accidentelle de Bentifour en 1970, puis les décès de Boubekeur, El Okbi et cette année celui de Krimo (Rebih).

Mon souhait serait que les joueurs des années 1962 à 70, nous nous retrouvions à Alger. Ce ne sera pas simple de contacter et réunir tout le monde, mais un site internet comme celui de l’USMA peut lancer une opération " Retrouvailles des Anciennes Gloires " pour montrer que l’USMA, c’est avant tout une grande famille.


Question : Au cours de la saison 86-87, Boualem Abaza vous avait invité pour assister à une rencontre de l’USMA contre le MB Tablat (1-0). Pouvez-vous apporter un éclairage sur cette venue à Alger ?

Réponse : Pour répondre à votre question, je n’ai jamais été invité par Boualem Abaza à assister à une rencontre de l’USMA. J’avoue que j’aurais bien aimé ……

Je suis revenu à Alger en 1987, mais mon objectif à cette occasion était de faire connaitre l’Algérie à ma compagne Lydie et sa fille Claire qui avait 8 ans à l’époque. Lydie deviendra mon épouse en 1990 et c’est avec elle que je vis aujourd’hui. J’avais préféré une arrivée en bateau, car je trouve que l’arrivée et la découverte d’Alger par bateau, est un moment inoubliable. Mais avant même d’arriver à Alger, j’ai pu m’apercevoir que les supporters de l’USMA ne m’avaient pas oublié, car à peine avoir mis les pieds sur le bateau à Marseille, plusieurs des employés du bateau m’avaient reconnu, et nous avions été fêtés avec beaucoup de chaleur. Nous avions même été invités à la table du Commandant, qui était aussi supporter de l’USMA.

Pendant notre séjour, nous avions été hébergés par la maman d’une amie, qui habitait au boulevard des Martyrs. Cette dame (Zohra Adjouati) est connue à Alger pour être une des rares femmes dont la passion est la pêche. Elle pêchait à l’époque sur la jetée Nord de l’Amirauté.

Lors de ce voyage, nous avions fait un périple en voiture Alger-Djelfa-Laghouat-Ghardaïa-Touggourt-El Oued-Biskra-Timgad-Batna-Sétif-Alger, pour faire découvrir l’Algérie à Lydie et Claire. Dans la traversée des Aurès, nous nous arrêtons au Balcon de Ghoufi, qui domine les gorges (ou canyon) de l’Oued Abiod. Un site exceptionnel de beauté : un ruban vert qui coule au fond d’une montagne rouge parsemée de cavernes troglodytes. Nous distribuons des petits objets et des bonbons à 2 enfants, un garçon et une fille, qui étaient là. Comme je le disais, nous étions en admiration devant ce site d’une beauté étonnante et un monsieur, le papa des enfants, s’approche de nous. Lydie lui dit " c’est un endroit d’une beauté rare " et celui-ci de répondre " c’est un endroit où il y a eu la guerre……. et sachez qu’il n’y a rien de plus beau que la Liberté ".

Ce monsieur tenait une petite baraque où il vendait des souvenirs locaux. Nous entrons dans la baraque et quelle ne fut pas ma surprise de voir plusieurs photos de l’USMA accrochées au mur. Je demande à ce monsieur pourquoi il a ces photos, et celui-ci m’explique que ces photos appartiennent à son fils, mais que dans les années 60, il était maître d’école à Alger et qu’il était supporter de l’USMA. Il enchaine en parlant à son fils, et il fait l’éloge de cette équipe de l’USMA pour son jeu, son fair-play etc…. et il cite Zemmour Freddy, qui, dit-il, représentait " l’Honneur de l’Algérie ". Lydie, ma femme, me regarde……….je ne sais plus quoi dire……... et après un instant d’hésitation, je dis à ce monsieur que je suis Freddy Zemmour. Il reste bouche bée, son regard s’illumine, puis ne sachant plus quoi faire, il va chercher un peu de " chorba " qu’il m’offre humblement. J’en avais les larmes aux yeux. Cet épisode est resté gravé dans ma mémoire, comme un des moments les plus bouleversants de mon retour en Algérie. Lydie, mon épouse, n’a jamais oublié ce moment de partage sublime en émotions et, lorsqu’il nous arrive encore aujourd’hui de parler de notre voyage en Algérie à des amis, elle mentionne ce passage avec un " serrement de cœur ".

Question : L’USMA compte investir dans sa jeunesse. Elle aura bientôt son centre de formation. Votre riche expérience et le talent d’excellent footballeur qui vous est reconnu par de nombreux sportifs algériens seront, à n’en point douter, d’un grand apport pour les futurs footballeurs du club. Seriez-vous disposé à apporter votre contribution en venant, par exemple, périodiquement donner des conférences aux stagiaires du centre de formation de l’USMA ?

Réponse : Bien sûr, ce serait un grand honneur que me ferait l’USMA. Mais j’avoue que le football d’aujourd’hui est très différent de celui que j’ai joué. Aujourd’hui trop de paramètres extra-sportifs entrent en jeu (financiers, publicitaires, médiatisation, carrière).

Le footballeur de mon époque ne calculait pas. Il entrait sur le terrain pour défendre les couleurs de son club. Si je devais parler de football, les sujets porteraient sur l’esprit d’équipe, le respect de son club, de ses partenaires, et même des adversaires, l’humilité, la sincérité, l’abnégation sur un terrain au profit de l’équipe. Toutes ces qualités qui me tiennent encore à cœur, mais qui sont de plus en plus rares aujourd’hui. Dans cet esprit-là, et en ce qui me concerne, je me souviens que pour les matchs contre le CRB, j’avais mission de marquer Lalmas, un des meilleurs joueurs algériens de tous les temps. Et bien je m’acquittais de cette tache sans discuter. Je ne lâchais pas Lalmas d’une semelle, et pendant 90 minutes, j’étais comme son ombre. Ce n’est pas à moi de dire si je l’ai bien fait ou non, mais en tout cas je rentrais sur le terrain avec une seule idée en tête, mon devoir, ma responsabilité pour le bien de l’équipe. Je me donnais à fond, j’étais toujours en mouvement. Les supporters m’avaient surnommé " triciti " (électricité).

Si vous regardez des photos de phases de jeu, vous ne me verrez jamais en train de marcher. D’ailleurs, quand nous encaissions un but, 8 fois sur 10 c’était moi qui allais chercher le ballon au fond des filets, car très certainement, je devais être à ce moment-là, le joueur le plus proche du ballon.

Une seule fois je ne suis pas allé chercher le ballon au fond des filets alors que j’étais le plus proche : à Tizi-Ouzou en 1964, nous jouons le dernier ou l’avant-dernier match de la saison. Ce jour-là, Boubekeur, par une grossière erreur, nous fait perdre le match et le Championnat d’Algérie que le CRB gagnera avec un point d’avance sur nous. Boubekeur m’avait dit : " tu ne ramasses pas le ballon ? " J’étais tellement en colère contre lui, que je lui réponds " ramasses le toi-même ! ". Il n’en fallait pas plus à Boubekeur pour vous envoyer un lot d’injures. Mais ce jour-là, Ben l’avait prié de se taire. Ben avait la faculté de vous faire comprendre d’un air très autoritaire, mais sans élever la voix, en vous regardant droit dans les yeux avec son regard perçant et en quelques mots, ce que vous deviez faire. Ben était quelqu’un de très respecté, car il était avant tout, très respectueux.

Question : Toujours nostalgique de l'Algérie ?

Réponse : Oui, toujours.

Question : A quand votre prochain pèlerinage à Alger ?

Réponse : Très bientôt, peut-être en novembre ou décembre de cette année.

Question : Des regrets ?

Réponse : Oui ! Concernant l’USMA, très certainement de ne pas avoir gagné plus de titres, et notamment au moins une coupe d’Algérie.

Question : Des souvenirs ?

Réponse : Oui ! L’accueil des supporters de l’USMA par des applaudissements, quand je sortais du vestiaire pour l’échauffement derrière le but côté St Eugène. Mais Meziani était le spécialiste de la sortie pour l’échauffement : il s’arrangeait pour sortir en dernier et tout seul, pour récolter les applaudissements les plus nourris.

Il y a aussi cette petite anecdote qui me revient en tête : en 1965, je roulais sur la route moutonnière avec ma voiture, en direction d’Alger, et à hauteur du Caroubier, un motard de la Police Algérienne me rattrape et vient à ma hauteur en m’intimant l’ordre de m’arrêter. Je stoppe ma voiture sur le côté, le motard se gare devant moi et vient vers moi. Je me demandais quelle infraction j’avais commise. Et bien, c’était pour me féliciter et parler du match que nous avions gagné le dimanche précédent contre le CRB. Il était du Mouloudia, et était content que nous ayons battu le CRB. Il m’a ensuite escorté pendant quelques kilomètres.

Question : Votre plat préféré ?

Réponse : Mon plat préféré ? Le couscous évidemment, mais celui que faisait ma maman, et que j’ai reproduit naturellement, sans fiche de recette : la viande, de l’épaule d’agneau dégraissée, coupée en morceaux et cuite dans un bain de sauce épicée avec du poivre rouge (piment doux) et de l’ail. Le bouillon avec carottes, navets, artichauts, courgettes, pois-chiches et coriandre fraiche.

Question : Votre musique préférée ?

Réponse : J’aime toutes les musiques, avec une préférence à la musique " Country " et bien sur la musique " Châabi " de Lili Boniche et Lili Lâabassi, qui a bercé mon enfance, puisque mes parents sont nés et ont grandi rue Marengo.

Question : Si Freddy Zemmour possédait le pouvoir de changer quelque chose dans ce monde, que ferait-il ?

Réponse : Il y aurait tellement de choses à changer, pour un monde meilleur……..mais avant tout, la notion de respect de chacun envers tout autre, me parait comme l’élément de base d’un monde meilleur.

Question : Nous feriez-vous l’honneur de dédicacer une de vos photos pour les fans usmistes?

Réponse : Avec un grand plaisir.

Question : Un dernier mot Freddy…

Réponse : Je souhaite que l’USMA reste cette équipe respectueuse du beau jeu, propre et sans violences, tout en se faisant respecter, et que ses supporters continuent de l’aimer pour cela.


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Samedi, 12 Novembre 2011 07:39

Des écrits se rapportant à l’action révolutionnaire au cours de la Bataille d’Alger, à la martyrologie de l’USMA et à d’autres faits qui concernent l’activité politique des clubs, notamment dans la capitale, ont été publiés sur la page Face book du groupe de supporters qui se fait appeler « Kop United ».

Dimanche, 18 Janvier 2009 16:20

L'histoire d'une union qui a donné naissance à une grande famille sportive algérienne est racontée par l'un des bâtisseurs de cette fabuleuse épopée.  Le défunt M. El-Hadj Ahmed Kemmat un des membres fondateurs de l'Union Sportive Musulmane Algéroise, nous emporte par son récit tel un voyage dans le temps.

Mercredi, 04 Janvier 2017 17:27

Alors que la reprise du championnat de Ligue 1 avait été fixée officiellement pour le vendredi 13 janvier 2017, la LFP publie, via son site officiel, un communiqué pour le moins biscornu annonçant le report du début de la phase "retour" pour le vendredi 20 janvier 2017.

Les raisons invoquées pour justifier cette décision sont burlesques, à la limite du ridicule.

Ainsi, selon les termes du communiqué, le décalage aurait été dicté par un souci de réduire les matchs à reporter pour les équipes dont plusieurs joueurs ont été convoqués en EN A et en EN Militaire.

Le hic, c’est que le justificatif avancé est en totale contradiction avec les règlements de la LFP, notamment avec l’article 29, alinéa 3 du règlement des championnats professionnels qui stipule ce qui suit :

Mercredi, 24 Août 2016 21:20

1ère journée du championnat de Ligue 1 et premiers couacs dûs, principalement, à la maladroite décision de confier l’entière responsabilité de la sécurité et du maintien de l’ordre, à l’intérieur des enceintes sportives, à des stadiers manquant manifestement d’expérience et absolument pas préparés pour faire face aux éventuels débordements et mouvements de foule qu’enregistrent, malheureusement, trop souvent nos stades.

Vendredi, 19 Février 2016 22:13

Acte 1 :

A la question d’un journaliste qui s’enquit sur les actions que la FAF comptait mener pour un éventuel allégement de la sanction infligée (à juste raison) à Youcef Belaïli, Mohamed Raouraoua eut ces mots froids, presque implacables : « je ne défends pas les tricheurs ! ». Assénée devant un parterre de journalistes qui couvraient l’évènement, cette réponse dénotait de l’inflexibilité du premier responsable du football national. Avec lui, on ne badine pas avec la discipline, la morale et l’éthique sportives, s’était-on dit…Fin du premier acte.

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LFP : encore une fumister…

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Entre connivence et clien…

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